Denis Masseglia portrait 2011
Denis Masseglia, président du CNOSF | AFP - Bertrand Langlois

Le CNOSF écarte 2020 et reprend la main

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Quelques jours après le fiasco d'Annecy-2018 et ses 7 petits votes favorables, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a fait le point sur la suite des opérations. "Avant, l'initiative venait des villes candidates. A partir de maintenant, il ne peut pas être question de subir d'autres initiatives", assène Denis Masseglia, président du CNOSF. L'échéance 2020 a donc été écartée par le mouvement olympique.

Objectif, énoncé au cours d'une discussion "empreinte d'une certaine gravité mais d'une grande unanimité de fond", selon un participant: reprendre la main après le naufrage d'une candidature qui leur avait échappée dès le départ. "Avant, l'initiative venait des villes candidates. A partir de maintenant, il ne peut pas être question de subir d'autres initiatives", assène Denis Masseglia, président du CNOSF, rappelant que le premier interlocuteur du CIO lors d'un processus de candidature est le comité olympique du pays concerné. "Mon pouvoir, c'est de signer ou de ne pas signer", dit-il, tout en reconnaissant la place essentielle des deux autres participants à l'aventure: la ville et l'Etat.

Nice, qui a déjà annoncé ses ambitions pour l'hiver 2022 et les partisans de Marseille-2024 (été) réunis en collectif sont remis à leur place. Leur ville, ou une autre, devra être sollicitée par le CNOSF pour prétendre à devenir candidate. Une seule chose a été actée: La France ne sera pas candidate en 2020. Trop court. Déposer une candidature au 1er septembre aurait été incompatible avec la leçon de Durban. Officiellement, les JO d'hiver 2022 restent une hypothèse mais c'est plutôt vers une réflexion sur les Jeux d'été que se dirigent les participants au conclave, pour la plupart présidents de fédération.

Un groupe de travail restreint, -"cinq ou six personnes"- devrait être constitué à la rentrée pour définir avant fin 2011 les conditions d'une candidature: D'abord la ville la plus à même de séduire le CIO, Paris (battue pour 1992, 2008, 2012), ou une cité "neuve". Ensuite le message qu'elle doit véhiculer auprès d'une institution qui vient de choisir, trois fois de suite, de "nouveaux horizons", en référence au slogan de Pyeongchang, élue pour 2018. "Il faut cerner cette logique", reprend Masseglia. "Mais à un moment, on reviendra en Europe et il faudra alors que notre candidature soit celle qui apporte le plus à l'olympisme, en s'appuyant sur la tradition mais aussi en ouvrant de nouveaux horizons à sa manière".

L'unique point, et il est crucial, que le CNOSF ne pourra maîtriser, reste le moment. L'option qui sera définie avant la fin de l'année va, peut-être, donner naissance à un embryon de candidature qui ne pourra pas être validée avant septembre 2013. C'est à cette date en effet que le CIO doit élire la ville hôte des JO-2020. Si elle est en Europe, les ambitions françaises seront reportées à 2028, voire plutôt 2032, puisque ce sera ensuite le tour de l'Asie, voire de l'Amérique du Nord ou de l'Afrique en vertu de la règle non écrite de la rotation des continents. "Il ne faudrait pas que ce soit à trop long terme", note Denis Masseglia. Mais le calendrier géostratégique du CIO échappe encore à la reprise en mains du CNOSF.

AFP

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