Jacques Rogge - CIO - Jeux olympiques
Jacques Rogge (Président du Comité international olympique) | AFP - ADRIAN DENNIS

Le CIO en inspection à Annecy

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La commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO) a entamé mardi sa visite d'inspection des sites d'Annecy, candidate à l'organisation des Jeux d'hiver 2018. Les onze membres de la commission visiteront pendant cinq jours les différentes installations et seront informés des projets d'infrastructure. Ce sera sans doute un passage décisif pour la candidature savoyarde.

Une candidature qui part de très bas, et qui a priori avait même dès son lancement toutes les chances d'échouer très vite. Contestée sur le territoire même après une procédure de pré-sélection française pour le moins discutable, elle semblait engluer dans une sorte de fatalisme mêlé de problèmes administratifs, de querelles de personnes et d'une manque de conviction évident. Mal notée lors des premières estimations du CIO, secouée par des bouleversements en interne ayant entraîné la démission en décembre de sa figure de proue, le champion olympique de ski bosses 1992 Edgar Grospiron, Annecy cherche pourtant à se relancer.
Son nouveau patron, l'homme d'affaires Charles Beigbeder, affirme croire dur comme fer aux chances françaises, face à Munich (Allemagne) et Pyeongchang (Corée du Sud).
Il peut s'appuyer sur un soutien désormais déterminé du mouvement sportif national ainsi que des pouvoirs publics au plus haut niveau. Au risque de faire apparaître la candidature d'Annecy comme très politique, un écueil dans lequel était déjà tombée celle de Paris pour les Jeux d'été 2012, attribués finalement à Londres.
Ce qu'a réfuté la ministre des sports Chantal Jouanno en précisant:  "Les sportifs ont des responsabilités opérationnelles, ils ne sont pas seulement là pour la photo"

"C'est aujourd'hui que ça se joue"

La Ministre veut encore croire aux chances d'Annecy. "Ça se gagne à partir de maintenant, la partie relations, communications, c'est aujourd'hui que ça se joue" a-t-elle déclaré sur France inter. Interrogée sur la mauvaise image donnée par les responsables français jusqu'à présent, elle a répondu: "Ils ont l'habitude des Français. En France, on aime bien avoir une petite phase de drame, de révolution, ça fait partie de notre caractère." La ministre des Sports a souligné que la France avait créé un bureau international et engagé un lobbyiste américain "qui avait fait gagner Londres contre Paris en 2012". "Donc, on va peut-être avoir notre revanche".

Pour recevoir avec les honneurs la délégation olympique, Charles Beigbeder est notamment entouré de deux vice-présidents, Jean-Pierre Vidal, champion olympique de slalom à Salt Lake City en 2002, et la Suédoise Pernilla Wiberg, championne olympique de géant en 1992 à Albertville et du combiné en 1994 à Lillehammer. Une bonne idée concernant cette dernière, puisqu'elles se sentira sans doute quelques atomes crochus avec la président de la commission, la Suédoise Gunilla Lindberg.
La commission d'évaluation se rendra dans un deuxième temps du 16 au 19 février à Pyeongchang et du 1er au 4 mars à Munich. Elle préparera ensuite un rapport à l'intention des membres du CIO, qui se réuniront à Lausanne les 18 et 19 mai. Le vote définitif interviendra lors de la 123e session du CIO le 6 juillet à Durban, en Afrique du Sud.

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