JO-2014: le TAS lève les suspensions à vie de trois biathlètes russes

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
Yana Romanova

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Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a levé jeudi les suspensions à vie de trois biathlètes russes pour dopage lors des JO de Sotchi-2014, infligeant un nouveau camouflet au CIO dans ce retentissant scandale impliquant Moscou.

Nouveau camouflet pour le CIO. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a levé jeudi les suspensions à vie de trois biathlètes russes pour dopage lors des JO de Sotchi-2014. La juridiction basée à Lausanne a totalement annulé les sanctions visant Yana Romanova et Olga Vilukhina, restituant à cette dernière sa médaille d'argent individuelle lors de l'épreuve de sprint sur 7,5 km, en raison de preuves jugées insuffisantes.

En revanche, elle a maintenu la condamnation d'Olga Zaytseva pour "usage d'une substance prohibée", estimant qu'elle avait bien substitué son flacon d'urine, mais a réduit la durée de sa suspension: au lieu d'être bannie à vie des JO, sa mise à l'écart ne concerne plus que l'édition 2018 déjà organisée à Pyeongchang, ce qui l'autoriserait en théorie s'aligner aux JO de Pékin-2022. Le TAS confirme donc au passage la disqualification de l'équipe féminine de relais, qui avait décroché l'argent sur 4x6 km derrière l'Ukraine.

Les trois athlètes, respectivement âgées de 37, 32 et 42 ans, sont aujourd'hui retraitées. L'Agence mondiale antidopage a de surcroît interdit en décembre 2019 à la Russie de participer pour quatre ans aux principaux événements sportifs internationaux, une mise au ban contestée par Moscou et qui sera examinée début novembre par le TAS.

"Bien qu'il soit encourageant que le TAS ait confirmé la conclusion de dopage contre Zaytseva (...), l'acquittement des autres athlètes sur une base aussi fragile, malgré des preuves retentissantes de falsification d'échantillons, démontre que le système international est truqué au détriment des athlètes propres", a déploré Jim Walden, l'avocat du lanceur d'alerte russe Grigory Rodchenkov. Ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou, ce scientifique a été la pièce maîtresse du système de dissimulation du dopage russe, impliquant notamment le ministère des Sports et le FSB, avant de le dénoncer publiquement en mai 2016, une fois réfugié aux Etats-Unis.

Son témoignage a nourri le rapport du juriste canadien Richard McLaren, mandaté par l'Agence mondiale antidopage, avant d'aboutir fin 2017 à la suspension à vie de 43 sportifs russes des JO: treize médailles sur 33, dont quatre titres olympiques sur 13, sont alors retirées à la Russie. Mais le 2 février 2018, à dix jours de l'ouverture des JO-2018 à Pyeongchang, le TAS a désavoué le CIO en annulant totalement la sanction de 28 athlètes russes en raison de preuves "insuffisantes". Dans 11 autres cas, la juridiction a levé les suspensions à vie mais maintient l'interdiction de participer aux JO-2018.

AFP

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