Valérie Fourneyron
Valérie Fourneyron, ministre des Sports, souhaite légiférer pour endiguer les paris truqués | DAMIEN MEYER / AFP

Fourneyron à l'heure du bilan

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Nommée ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative en mai 2012 par François Hollande, Valérie Fourneyron fait partie des victimes du remaniement post-municipales. Durant ses presque deux ans de mission l'ex-maire de Rouen a eu du mal à trouver sa place malgré son action dans la lutte antidopage et son positionnement en faveur de l'organisation des JO 2024 à Paris.

Les problèmes liés à la jeunesse et aux sports professionnels faisaient partie des priorités de François Hollande. La première à cause du chômage qui la gangrène, les autres pour l'image de privilégiés et de triche qui leur collent à la peau. Ancien médecin du sport au CHU de Rouen, devenue Médecin inspecteur régional jeunesse et sport puis membre du Ministère de la Santé et des Sports où elle est notamment chargée de l'organisation et du suivi de la médecine sportive nationale, ainsi que de la coordination des médecins des équipes de France, Valérie Fourneyron semblait la personne idoine à ce poste. D'autant qu'elle avait participé à la rédaction de la loi de 1989 contre le dopage. "Les footballeurs ne sont pas des exceptions. Ils doivent comme tout un chacun participer à la solidarité nationale", déclarait la future ministre deux mois avant son intronisation, en mars 2012. L'application de la taxe à 75% au milieu du football a d'ailleurs été l'un de ses principaux chantiers.

La taxe à 75%, sa grande victoire

Avec ses prises de position tranchées, l'ancienne maire de Rouen s'était d'abord mis les représentants des footballeurs professionnels à dos, avant de parvenir à les convaincre. Sa grande victoire en tant que ministre. Déterminée à faire valoir sa poigne de fer dans le conflit entre la LFP et l'AS Monaco, l'ancienne volleyeuse a dû baisser pavillon. Au lieu d'imposer au club du Rocher les mêmes conditions fiscales que ses homologues de Ligue 1, Fourneyron accepte une conciliation et les 50 millions d'euros en provenance de la Principauté. Malgré son énergie reconnue de tous, cette proche du président Hollande a perdu beaucoup de crédibilités lors de boulettes désignant l'escrimeuse Laura Flessel comme judokate, rebaptisant Teddy Tamgho Thierry ou évoquant le Mondial... 2016.

En février 2013, le Comité interministériel de la jeunesse ayant abouti sur l''élaboration d'une politique "priorité jeunesse" incarnée par 13 chantiers majeurs à réaliser l'avait placée en pleine lumière. Un faisceau qu'elle n'a pas su capter sur le long terme, à l'image de son soutien sans faille à une candidature parisienne pour les JO 2024 quand l'opinion publique et les politiques locaux ne semblent pas emballés. "S’il y a un frein, c’est que nous n’aurons pas réussi à faire comprendre qu’organiser les Jeux ce n’est pas seulement faire des infrastructures pour trois semaines de compétition, expliquait-elle. Accueillir les Jeux aujourd’hui, c’est préparer un héritage pour le pays en termes de pratique sportive, d’innovation, de santé…"

Quid de la loi sur la modernisation du sport?

Enthousiaste face à la commission d'enquête sénatoriale sur le dopage, la native du Petit-Quevilly, membre de l'Agence mondiale antidopage, avait dû faire face à la fronde des coureurs sur le Tour de France, lassés d'être la cible prioritaire de ces investigations. Ce travail de la chambre haute devait déboucher sur une loi de modernisation du sport que la ministre comptait présenter en mai devant le Parlement. Cette proche perspective et sa relation privilégiée avec Hollande n'auront pas survécu à la déroute des Municipales. Manuel Valls et le Président de la République ont arbitré. Et ils lui ont montré le chemin des vestiaires. 

Jerome Carrere

Omnisport