Fête nationale : qu'est-ce que l'Armée des champions ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Simon Desthieux
Le biathlète Simon Desthieux | CHRISTOF STACHE / AFP

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Chaque 14 juillet, ce sont les mêmes scènes : feux d’artifices, bals populaires et défilés militaires. Ce que l’on sait moins, c’est qu’au cœur de ces défilés, il y a des visages très connus : ceux de stars du sport français qui composent ce qu'on appelle l’Armée des champions. On y retrouve une centaine d’athlètes de haut niveau, dont Simon Fourcade, Tessa Worley, Clarisse Agbegnenou ou encore Charlotte Bonnet. Car nombreux sont les sportifs français à troquer le survêtement pour l’uniforme.

Dans le monde du sport, les analogies avec celui de la guerre sont courantes, notamment lors des causeries d’avant-match ou des conférences de presse. Mais ce champ lexical et les valeurs communes, comme le dépassement de soi, le courage, le don de sa personne ou encore le goût de l’effort, ne sont pas les seules liens entre le sport et le monde militaire. Les athlètes eux-mêmes font le pont entre ces deux univers, puisqu’une centaine de sportifs de haut niveau français sont actuellement engagés dans les différents corps d’armées et de gendarmerie. Aux JO d’hiver de 2018 à Pyeongchang, ces derniers représentaient 17% de la délégation tricolore, et surtout 47% des médailles récoltées.

Du bataillon de Joinville à Fontainebleau

Jusque 2003, c’est le bataillon de Joinville qui a assuré une continuité sportive pour les athlètes lors de leur service militaire. Just Fontaine, Michel Platini, Yannick Noah … : tous y sont passés. En 1998, avant d’être champions du monde, Lilian Thuram, Zinédine Zidane et Bixente Lizarazu n’y ont pas échappé. Au total, en 45 ans, le bataillon de Joinville a accueilli 21 000 soldats-athlètes, dont 42 médaillés olympiques et 312 titres mondiaux civils ou militaires. Mais avec la fin de la conscription, le bataillon de Joinville a été mis en sommeil. Pour autant, le lien entre l’Armée et les athlètes ne s’est jamais détendu.

Dès 2004, l’Armée des champions est créée pour faire perdurer ce lien. Pourquoi ? Parce qu’au sein des rangs, les athlètes représentent un exemple pour les soldats, notamment d’un point de vue sportif. Et en dehors des rangs, ils sont l’image de l’armée et portent ses couleurs. Enfin, cette carrière militaire offre une possibilité de reconversion aux athlètes. Au fil des années, ce partenariat s’est développé et mis en place au sein du Centre National des Sports de la Défense (CNSD). En 2015, le bataillon de Joinville a même été relancé.
 

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A l’heure actuelle, une centaine de sportifs sont ainsi engagés dans les rangs, issus de disciplines variées : aviron, boxe, canoë-kayak, cyclisme, escalade, escrime, haltérophilie, judo, lutte, natation, parachutisme, pentathlon moderne, taekwondo, tennis, tir, tir à l’arc, triathlon, voile, ski, biathlon… Au niveau des noms, on retrouve certains poids lourds du sport français comme Simn Fourcade, mais aussi Clarisse Agbegnenou (judo), Charlotte Bonnet (natation), Manon Brunet (escrime), Adrien Théaux (ski alpin) ou François Pervis (cyclisme). Assez longue, la liste est disponible ici. Sous contrats à durée déterminés de 2 à 10 ans, renouvelables, les athlètes touchent 1 362 euros nets par mois et sont logés, nourris en régiment. Basé à Fontainebleau, le CNSD est finalement une sorte “d’INSEP militaire”, un laboratoire de champions français en uniforme. 

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