Tony Estanguet
Tony Estanguet, nouveau membre du CIO | AFP - LIONEL BONAVENTURE

Estanguet : Les Jeux doivent "faire rêver"

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Le triple champion olympique de canoë-kayak Tony Estanguet, élu mercredi membre du CIO au terme d'une lente procédure du TAS (Tribunal arbitral du sport) qui a finalement disqualifié deux autres candidats, se dit prêt à se mettre au service de "tous les athlètes, de tous les pays", sans rester pour autant "cantonné à des préoccupations de compétiteur".

Après neuf mois d'attente où vous étiez réduit au silence par respect pour la procédure engagée au TAS, vous pouvez enfin parler... Ça a été  interminable?
Tony Estanguet
: "Ça a été long, oui! D'autant plus qu'au début, juste après l'élection  -en août aux JO de Londres-, tout devait aller très vite. Puis j'ai rapidement  compris que ça allait mettre plus de temps et qu'il fallait prendre mes distances. Je ne pouvais rien faire. J'ai essayé de ne pas me focaliser la  dessus, j'avais fait ma campagne. Il n'y avait pas eu de recours contre moi  mais contre le CIO --qui avait disqualifié deux candidats, permettant ainsi  l'élection d'Estanguet--, ce n'était pas personnalisé, je n'ai pas fait l'objet  d'une procédure au TAS et j'en suis fier. C'était bien d'arriver au CIO en étant clairement élu, sans contestation.

"Vous faites vos premières armes au CIO lors d'une année cruciale, où  l'on élit une ville hôte (des JO-2020) et un nouveau président. Avez-vous des  idées sur votre conduite, vos choix, vos projets?
T. E.
: "Non, la première chose que je vais faire, c'est de bien identifier  l'endroit où j'arrive pour ne pas commettre d'impair. Je vais rencontrer les  deux membres français du CIO -Jean-Claude Killy et Guy Drut- pour recueillir  leurs conseils. Je me donne jusqu'à la fin de l'été pour engranger de  l'expérience, rencontrer des gens. Je rentre au CIO dans une démarche  d'ouverture. J'ai trop de respect pour ce que représente le CIO pour arriver avec des idées préconçues, un programme. Mais je sais aussi qu'un mandat de  huit ans passe vite. Je me mets la pression pour être capable de vite retomber sur mes pattes et déceler les endroits, les commissions, où je serai le plus efficace et utile dans cette grande maison."

Qu'aimeriez-vous apporter au mouvement olympique?
T. E.
: "Je suis d'abord élu pour représenter les athlètes. Pas en tant que  kayakiste, que Français, mais comme représentant de tous les athlètes, de tous les sports. Je veux défendre les valeurs de l'olympisme et du sport. Je veux  que les Jeux continuent à faire rêver. Enfin, même au CIO, on se doit de conserver une certaine responsabilité. Le développement durable sur le plan  environnemental ou social et économique, c'est important pour moi. Je ne veux pas rester cantonné à des questions de compétiteur de haut niveau."

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