Dopage : la Russie exclue pour deux ans des compétitions mondiales et privée des JO de Tokyo et Pékin

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Auteur·e : France tv sport
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Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rendu sa décision ce jeudi : la Russie sera bien exclue des grandes compétitions internationales, mais seulement pendant deux ans, alors que la sanction requise par l'Agence mondiale antidopage (AMA) était de quatre ans. Le géant du sport mondial est accusé d'avoir instauré un système de dopage étatisé, et manquera donc les Jeux Olympiques de Tokyo (2021) et ceux de Pékin (2022). Mais pas de ceux de Paris 2024.

La Russie est exclue pour deux ans des grandes compétitions mondiales, dont les Jeux olympiques d'été de Tokyo en 2021 et ceux d'hiver de Pékin en 2022, pour avoir transgressé les règles antidopage, a annoncé jeudi le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Les trois arbitres désignés par le TAS ont réduit de moitié la sanction proposée l'an dernier par l'Agence mondiale antidopage (Ama), qui devait être de quatre ans, tout en laissant aux athlètes russes, jamais sanctionnés pour dopage, la possibilité de s'aligner sous bannière neutre.

"Proportionnalité" des sanctions

Les "conséquences" de la tricherie russe, soit le trucage à grande échelle des données informatiques du laboratoire antidopage de Moscou, "ne sont pas aussi importantes que ce que souhaitait l'AMA", reconnaissent les arbitres dans leur décision. Pour justifier leur clémence, ils disent avoir "pris en compte des questions de proportionnalité" des sanctions, "et en particulier, le besoin de promouvoir un changement de culture et d'encourager la prochaine génération d'athlètes russes à participer à un sport international propre".

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En clair, les sportifs ont été largement préservés de la sanction collective réclamée par l'AMA et qui englobait initialement trois éditions des JO, jusqu'à Paris-2024, mettant potentiellement fin à la carrière de nombre d'entre eux. "L'AMA est heureuse d'avoir remporté cette affaire qui fera date", a déclaré le président de l'AMA Witold Banka. Le TAS "a clairement confirmé nos conclusions selon lesquelles les autorités russes ont effrontément et illégalement manipulé les données du laboratoire de Moscou dans le but de dissimuler un programme de dopage institutionnalisé", a-t-il ajouté dans un communiqué, tout en se disant "déçu" que le tribunal n'ait pas retenu la recommandation de l'AMA d'exclure la Russie pour quatre ans.

De son côté, le Comité olympique russe s'est déclaré satisfait que les sportifs russes ne soient pas bannis "collectivement" des Jeux olympiques, après la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS). Il a en revanche jugé "inacceptable" la décision du TAS d'interdire au président Vladimir Poutine d'assister pour deux ans aux grandes compétitions internationales, selon les termes de son président, Stanislav Pozdniakov, lors d'une conférence de presse.

Effets incertains sur le Mondial de football 2022

Si la suspension s'applique jusqu'au 16 décembre 2022, ses effets sur le Mondial de football qui s'achèvera au Qatar deux jours plus tard ne sont pas encore clairs: les athlètes russes peuvent certes concourir sous bannière neutre, mais le communiqué du TAS ne précise pas comment cette tolérance peut s'appliquer aux sports d'équipes.

Par ailleurs, la juridiction a condamné Rusada, l'agence antidopage russe, à payer 1,27 million de dollars (environ un million d'euros) à l'AMA pour rembourser les expertises menées depuis janvier 2019 sur le trucage des données du laboratoire de Moscou. Le gendarme mondial antidopage avait déjà engagé près de 4 millions de dollars (3,3 millions d'euros) en 2015 et 2016 dans deux autres enquêtes sur le dopage institutionnalisé en Russie, et notamment sur la tricherie mise en place lors des JO-2014 de Sotchi avec l'aide des services secrets russes.

Avec AFP

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