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Coronavirus : Les salles de sport, des efforts rapides pour finalement fermer les portes

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Entre la peur de contracter le coronavirus et le besoin de se défouler en cette étrange période, les adhérents des salles de sport se demandaient s'ils devaient garder leurs habitudes. Du côté des gérants, de nombreuses mesures avaient été prises pour rassurer les populations, et tenter de ne pas perdre en fréquentation. Le discours de samedi soir du Premier ministre, et les mesures annoncées, ont tout changé.

Elles ont essayé de s'adapter, essayé de rassurer. Mais depuis aujourd'hui, les salles de sport sont fermées. Pourtant, elles ont tout tenté pour faire face aux restrictions, aux exigences qu'impose la propagation du Covid-19. 

"Nous demandons à tous les adhérents qui présentent des symptômes grippaux de ne pas se déplacer dans nos clubs". Dans son communiqué paru ce vendredi 13 mars, la chaîne de salles de sport GMG Sports Club avait le mérite d'être clair. 

Deux jours après le discours du président de la République, Emmanuel Macron, les différentes salles de sport avaient décidé de prendre des mesures, à échelles différentes. C'est ainsi que Joshua Fanfon, responsable du club Body Hit, situé dans le 9e arrondissement de Paris, avait décidé de tout miser sur la communication interne : "Nous martelons des rappels de gestes simples mais indispensables : se laver les mains, passer des lingettes désinfectantes sur les machines avant et après utilisation ainsi que respecter le mètre de sécurité entre deux personnes"

Outre les utilisateurs, les salariés avaient également reçu des directives de leurs responsables. Membre de Forest Hill Aquaboulevard, Alexandre Le Berre avait "remarqué en arrivant sur place que tous les agents portaient des gants, faisaient scanner les cartes d'adhérents au lieu de le faire eux-mêmes et que les fontaines à eau avaient été retirées". Dans ce très grand club du 15e arrondissement, une police de l'hygiène avait même été mise en place : "De nombreux pots de solution hydro-alcoolique sont mis à disposition et les salariés vérifient qu'on les utilise avant de pénétrer dans les différentes salles". De quoi rassurer les plus hardis...

Un impact économique inévitable

Plus modeste que le géant Forest Hill, le club L'Appart Fitness du 18e arrondissement parisien avait, samedi, "réalisé une bonne journée numérique avec 150 passages quotidien". Son gérant, Vincent De Jesus, avait constaté une "nette diminution de la fréquentation" de sa salle. "Jeudi dernier, on a accueilli 120 personnes, ce jeudi, simplement une centaine". Des chiffres qui vont forcément avoir un impact sur le salaire des employés, qui obtiennent "des primes au chiffre d'affaire de la salle". Pour Vincent et ses collègues, le risque financier est grand, car lui "n'a pas prévu de fermer, mais peut-être que le gouvernement le demandera". Le discours du Premier ministre samedi soir et la fermeture de tous les lieux non essentiels a tout changé.

Toutes les salles de sport ne sont pas logées à la même enseigne. Les dizaines de distributeurs de gel hydro-alcoolique mis à disposition au sein de celle de Forest Hill semblent bien loin dans cette salle du nord de Paris. "Malgré nos multiples relances, on n'a toujours pas reçu notre commande. Alors on fait très attention que nos clients aient toujours du savon et du désinfectant à disposition. Nous nettoyons les machines cinq fois par jour bien que nous ayons un agent d'entretien qui passe matin et soir". Une charge de travail forcément plus lourde, mais primordiale pour éviter au maximum la propagation du virus.

"Un réel besoin d'interactions"

Afin de réduire les risques au maximum, le gouvernement a annoncé que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient interdits jusqu'à nouvel ordre. Souvent très spacieux et contenant de nombreux cours collectifs, les locaux des grandes chaînes étaient donc dans l'obligation de filtrer leurs entrées. Mais dans les salles les plus modestes aussi, les cours collectifs font légion et ont besoin d'être contrôlés. Car cette grande promiscuité de personnes en train de transpirer et d'expirer intensément accélère forcément les risques de propagation. Du coup, de nombreuses enseignes avaient décidé de "limiter les cours à dix personnes au maximum". C'était le cas de GMG Sports Club, qui avait également annulé toutes les plages horaires de cours de cycling et de boxe. Et ce "jusqu'à nouvel ordre"

Mais, rencontrer d'autres passionnés ou renforcer ses liens sociaux avec des connaissances créés au sein même des salles de sport sont également deux facteurs importants pour les usagers. C'est d'ailleurs le principal crédo de Body Hit. Cette petite salle de quartier, qui accueille "au maximum trente personnes par jour", marche en tout petit comité et vit uniquement grâce à ses habitués. "Nous n'avons presque aucune annulation pour nos cours. Au contraire, on sent que les gens vont venir plus souvent pour interagir ensemble, tout le monde se connaît", confesse Joshua Fanfon. Il leur faudra trouver d'autres endroits que les salles de sport.

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