Comment les salles de sport se préparent à une future réouverture ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Antoine Limoge
Une salle de sport

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Les annonces d'Edouard Philippe, mardi à l'Assemblée Nationale, concernant la phase de déconfinement étaient très attendues. Et parmi les déçus, figurent les gérants de salles de sport qui n'ont pas été autorisés à ouvrir leur établissement, le sport pratiqué en groupe et à l'intérieur restant interdit pour le moment. Mais la phase 2 au mois de juin pourrait changer la donne. Certains sont déjà prêts à accueillir leurs clients.

Les salles de sports, comme beaucoup d'établissements, sont à l'arrêt total depuis le 17 mars dernier et la mise en confinement de l'Hexagone. Elles ont parfois su s'adapter avec le développement d'entraînements en ligne et d'applications pour satisfaire tous les Français dans leurs pratiques du sport. Pour autant, elles ont subi un coup dur financier durant cette période délicate. Les paiements mensuels des adhérents ont logiquement été repoussés et le nombre de résiliations a augmenté. Les employés sont passés au chômage partiel dans certains. L'espoir de réouverture d'ici la deuxième phase du confinement (d'ici le mois de juin) demeure. 

S'adapter aux mesures 

C'est donc dans cette optique que certains établissements se préparent. Cecile Wisselink, co-fondatrice et directrice général de Neoness, groupe qui dispose d'une quarantaine de salles de fitness avec une majorité sur la région parisienne, annonce que ses infrastructures sont prêtes à accueillir de nouveau ses clients. "On a déjà tout prévu pour nos clients. On va d'abord limiter le nombre de personnes présentes dans la salle au même moment. Pour chaque salle, il y aura un ratio clients/m2 qui sera calculé pour respecter au mieux les dispositions sanitaires", explique-t-elle. Ce n'est pas la seule mesure qui a été mise en place pour une pratique sans risque. Il est aussi question de gérer les flux avec des créneaux horaires qu'il faudra réserver, les machines seront espacées d'un mètre les unes des autres, une distance d'1,5m entre chaque adhérent devra être respectée, l'enseigne prévoyant de délimiter des zones de sécurité avec un marquage au sol.

Les gestes barrières devront bien-sûr être respectés et les deux principaux outils de prévention ont été prévus : "On a effectué une importante commande de masques et de gels hydro-alcooliques pour tous nos centres" assure Cecile Wisselink. Des mesures qui malgré tout ne feront pas forcément revenir les clients. Kenza, pratiquante assidue de fitness, n'est pas encore rassurée pour revenir dans ces établissements. "J'ai peur qu'à la réouverture des salles de sport beaucoup de personnes oublient ce que nous venons de vivre et prennent la situation à la légère." La jeune étudiante en journalisme préfère pour l'instant privilégier le sport à domicile et en extérieur. Même constat pour Sacha qui arpente tous les jours, en temps normal, les salles de sport de sa ville. " C'est une passion pour moi et ce manque est très difficile à vivre. Pour autant, entre le manque d'une passion et la santé de tous, le choix est fait. Malgré toutes les précautions qui peuvent être prises, de tels lieux accentuent la transmission de la pandémie. J'envisage, pour l'instant, d'y retourner quand j'aurai assez confiance. Peut être la meilleure solution serait une ouverture globale au mois de septembre."

Des investissements pour garantir la sécurité des clients 

Le manque à gagner se fait ressentir et les conséquences économiques pour ces salles de sport peuvent être catastrophiques. "Pour l'instant notre groupe parvient à ne pas couler grâce notamment aux importantes aides de l'état. Sans cela, je pense que beaucoup de salles auraient déjà fermé", constate la directrice générale de Neoness. "Pour notre part aucune fermeture n'est prévue, c'est notre développement qui est stoppé pour le moment. Mais si on n'ouvre pas en juin, la situation catastrophe évoquée par Edouard Philippe va se rapprocher pour nous", s'inquiète-t-elle. Surtout que les salles ont dû investir pour pouvoir accueillir de nouveau des adeptes du fitness. Le renforcement des mesures de nettoyage et de désinfection va coûter cher : 10 000 euros de surcoût d'ici la fin de l'année pour chacun des clubs, ce qui fait un montant total de presque 400 000 euros pour seulement quelques mois. "On doit pouvoir supporter ces coûts et il le faut. C'est absolument nécessaire pour la bonne santé de nos clients et pour leur montrer qu'ils peuvent revenir en toute sécurité " explique Cécile Wisselink. 

Ces dirigeants gardent donc l'espoir, d'autant qu'en Chine, le déconfinement a été plutôt profitable aux salles de sport. "On a eu plusieurs retours de partenaires qui sont en Chine et les chiffres sont très bons. Quelques semaines après le déconfinement chinois, les citoyens sont retournés dans les salles. Il y a même une augmentation là-bas des inscriptions", confie la dirigeante qui veut croire en une belle embellie. "Beaucoup de gens se sont mis au sport lors de ce confinement à travers des entraînements en ligne et des vidéos, mais la pratique en salle peut-être complémentaire. Et avec toutes les mesures que l'on a prévu pour une réouverture, je pense que les sportifs ont hâte de reprendre leurs pratiques, en toute sécurité évidemment", insiste-t-elle. L'exemple chinois pourrait être bon motif d'espoir pour toutes les salles de sport mais seules les prochaines annonces du gouvernement seront déterminantes. En attendant, la pratique à domicile du sport est toujours vivement recommandé.

Antoine Limoge

Omnisport