Thomas Bach
Thomas Bach, nouveau président du CIO | AFP - ARNE DEDERT

Bach nouveau président du CIO

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Comme prévu, l'Allemand Thomas Bach a été élu nouveau président du Comité International Olympique. Celui qui était le bras droit de Jacques Rogge qui présidait le CIO depuis 2001, devient donc le 9e homme à diriger l'instance olympique. Il était le favori à la succession et a été élu à la majorité absolue au deuxième tour de scrutin devançant les quatre autres candidats le Suisse Denis Oswald, le Portoricain Richard Carrion, l'Ukrainien Sergueï Bubka et le Singapourien Ng Ser Miang, rescapés du premier tour où le Taïwanais Ching-Kuo Wu avait été éliminé.

Vingt-deux ans après son entrée au CIO, Thomas Bach arrive donc au sommet. L'Allemand est devenu ce mardi le 9e président du CIO et succède à Jacques Rogge qui était allé au bout des limites des mandats (8 ans et 4 ans). A 59 ans, Bach, ancien champion olympique d'escrime à Montreal (1976), est élu pour 8 ans lors de la 125e session de l'instance internationale qui se tenait à Buenos Aires (Argentine). Au moment de faire son discours, cet avocat de formation, a montré ses talents de polyglotte en remerciant les membres du CIO en 7 langues avant de s'exprimer en anglais. "C'est un signe de confiance que vous m'adressez", a-t-il déclaré.  "C'est une grande responsabilité mais je mènerai cette tache en suivant mon credo: +Unité et diversité+". Après le réformateur Rogge, le monde l'olympisme va donc découvrir un homme qui a entamé sa route vers les sommets du sport mondial dans la bataille contre le boycott des Jeux de Moscou en 1980 où il voulait défendre son titre olympique  de fleuret par équipes.

Injustice

L'ancien escrimeur, champion du monde par équipes en 1975, a vécu comme une profonde injustice la  décision de l'Allemagne de l'Ouest d'emboîter le pas aux Etats-Unis en refusant d'envoyer une délégation en URSS pour protester contre l'intervention militaire  en Afghanistan, en décembre 1979. "J'étais le porte-parole des athlètes de l'Allemagne de l'Ouest, je me suis battu vraiment beaucoup pour que nous puissions figurer à Moscou. Cependant, sous la pression énorme du gouvernement, le comité national olympique céda et  boycotta les Jeux", raconte le nouvel homme fort de la planète sportive. "Un tournant", selon lui, dans sa vie: "C'est à partir de ce moment que  j'ai cessé d'être athlète pour entrer dans la politique des institutions  sportives. J'ai accepté de devenir membre du comité olympique allemand parce  que je voulais éviter que d'autres athlètes à l'avenir souffrent de pareille  situation. Tous les sportifs ont l'ambition de participer aux jeux Olympiques  et pour certains, la seule chance de le faire c'était en 1980". "A cette époque, c'était clair que les athlètes n'avaient pas d'influence  sur le Comité olympique allemand. Ils nous traitaient avec plus ou moins de  dédain, c'était pareil au niveau des dirigeants politiques et de la société en général", se souvient Thomas Bach, 59 ans.

Mélange des genres

Avec Horst Dassler, le tout puissant patron d'Adidas, dont il sera le  fidèle assistant jusqu'à sa mort en 1987, le jeune homme qui vient de se lancer  comme avocat d'affaires découvre les arcanes et les intrigues du CIO de l'ère  Juan Antonio Samaranch. Son ascension dans l'Olympe est fulgurante. En 1991, à 37 ans, l'Allemand  entre dans le club très sélect des membres du CIO. Neuf ans plus tard, il est  élu pour la première fois vice-président. Les ambitions de l'avocat allemand,  ultra-actif dans le mouvement olympique, où il gagne du galon en négociant les  droits de télévision des Jeux pour l'Europe ou en présidant la Commission juridique. Mais si le Bavarois est l'homme fort du sport allemand, patron de son  comité national olympique, les critiques commencent à perler sur cet étonnant  mélange de genres entre ses nombreuses activités d'affaires et ses fonctions au sein du CIO. La presse allemande s'interroge sur son juteux contrat de consultant avec  Siemens, fournisseur des jeux Olympiques de Pékin en 2008, mais la commission d'éthique du CIO l'exemptera de tout conflit d'intérêt.

Cet été, c'est le soutien à sa candidature exprimé publiquement par le cheikh Ahmad al-Fahad  al-Sabah du Koweït, ancien président de l'Opep, l'organisation des pays  exportateurs de pétrole, et patron et de l'Association des comités olympiques  nationaux (ANOC), qui fait sourciller certains dans les hautes sphères  sportives. Président de la Chambre de commerce arabo-allemande, Ghorfa, siégeant à  plusieurs conseils d'administration de sociétés, Thomas Bach n'a pas que des  amis. Candidat malheureux contre lui, le Suisse Denis Oswald, patron de la  Fédération internationale d'aviron, estime n'avoir "pas les mêmes valeurs".  "Moi, j'imagine un président qui est indépendant, et pas dépendant d'alliances  avec d'autres personnes et qui n'utilise pas sa position pour autre chose que  pour la défense du sport", a-t-il déclaré lundi à la radio suisse romande RTS. "Me Oswald a reconnu que ces propos avaient dépassé sa pensée et a exprimé  ses regrets au CIO", a ensuite indiqué une porte-parole de l'institution olympique.

Vidéo : l'élection de Thomas Bach

 

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