Cyclisme Armstrong Hamilton 2000
Tyler Hamilton devant son co-équipier de l'époque Lance Armstrong, le 09 Juin 2000, lors de la 5e étape du Critérium du Dauphiné Libéré | AFP-Kovarik

Nouvelles accusations à l'encontre de Lance Armstrong

Publié le , modifié le

Un an après les accusations de Floyd Landis, c'est au tour de Tyler Hamilton de vider son sac et régler ses comptes avec Lance Armstrong. L'ancien coéquipier du Texan a révélé dans une émission de la chaîne américaine CBS qu'il a vu Lance Armstrong s'injecter de l'EPO lors du Tour de France en 1999, l'année de la première de ses sept victoires sur la Grande Boucle. L'Américain a aussitôt démenti ces accusations.

"J'ai vu (de l'EPO) dans son réfrigérateur. J'ai vu (Armstrong) se l'injecter, plus d'une fois", a indiqué Tyler Hamilton. "Nous l'avons tous fait. Je l'ai fait, à de  nombreuses reprises", déclare Hamilton. "Il a pris ce que nous prenions tous... la majorité du peloton. Il  y avait de l'EPO... testostérone... transfusion sanguine", révèle-t-il dans un extrait de l'émission '60  minutes', qui sera diffusée dimanche. Coéquipier d'Armstrong chez US Postal de 1998 à 2001, Hamilton précise également qu'Armstrong a pris de l'EPO pour se préparer aux Tours de France 2000 et 2001 (éditions qu'il a également remporté).

Adepte du réseau Twitter, Armstrong a rapidement démenti ces accusations. "Plus de 20 ans de carrière. 500 contrôles antidopage dans le monde entier, hors et en compétition. Jamais contrôlé positif. Les faits parlent  d'eux-mêmes", a écrit le jeune retraité. Mais toujours selon Hamilton, Armstrong aurait pourtant été contrôlé positif en 2001 pendant le Tour de Suisse, peu avant la Grande Boucle. Sentant que l'affaire risquait de prendre une mauvaise tournure, l'avocat de Lance Armstrong, Mark Fabiani, a lui-même écrit sur le site www.facts4lance.com que "l'attrait pour l'argent et la soif de publicité (de Hamilton) n'y  peuvent rien: Lance Armstrong est le sportif le plus contrôlé de l'histoire."

Hamilton fait partie des témoins qui ont déposé devant le grand jury réuni à Los Angeles dans le cadre d'une enquête fédérale qui avait été ouverte à l'été 2010. Cette enquête doit déterminer si des fonds publics ont été utilisé à des fins illicites, notamment de trafic ou d'utilisation de produits dopants. Le procureur en charge de cette affaire n'est autre que Jeff Novitzky, celui qui avait été en charge de l'affaire Balco en 2003.
"Il est grand temps que cette enquête absurde s'arrête et que les énormes sommes d'argent (public) dépensées soit allouées à des enquêtes qui visent véritablement à défendre les Américains contre des méfaits", réclame Mark Fabiani sur facts4lance.com, un site mis en ligne jeudi par l'équipe d'Armstrong.

"Pendant six heures, j'ai dit toute la vérité et rien que la vérité", écrit Hamilton dans une lettre publiée par le site cyclingnews.com. "J'ai senti une forme de soulagement que je n'avais pas sentie avant. Tous les secrets, le poids que je portais depuis des années, se sont envolés soudainement. J'ai compris que c'était ce chemin que je devais prendre." Jusque-là, Hamilton avait toujours nié s'être dopé. Aujourd'hui âgé de 40 ans, il a mis un terme à sa  carrière après avoir été suspendu huit ans en 2009 en raison d'une seconde infraction aux règles antidopage (stéroïde anabolisant). Cinq ans plus tôt, Hamilton avait été le premier sportif convaincu de dopage par transfusion sanguine.

Le site Facts4Lance

Lance Armstrong sur Twitter

La lettre de Tyler Hamilton (sur le site Cyclingnews)

Voir la video

Romain Bonte