Yannick Noha à genoux sur le Central de Roland-Garros après sa victoire contre Mats Wilander en 1983
Yannick Noha à genoux sur le Central de Roland-Garros après sa victoire contre Mats Wilander en 1983 | AFP

Noah devra encore attendre

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Ce n'est pas encore cette année que Yannick Noah verra un Français lui succéder au palmarès des Internationaux de France. Depuis 1983 (28 ans !), le tennis tricolore espère mais ne voit rien venir. La prometteuse génération Tsonga, Gasquet, Simon, Monfils n'a clairement pas le niveau pour remporter le tournoi. Il faudra probablement attendre (au moins) une décennie de plus.

Sans remettre en cause les qualités des uns et des autres, aucun joueur français ne tient la distance lorsqu'on est amené à parier sur les vainqueurs potentiels de Roland-Garros. Si l'on peut imaginer voir Jo-Wilfried Tsonga ou Richard Gasquet enlever un Majeur, personne n'envisage sérieusement que cela se fasse sur la terre battue parisienne, au grand dame du public. Le Manceau, finaliste à Melbourne en 2008, préfère clairement le dur tandis que le Biterrois, très talentueux, n'a pas le physique pour triompher à Paris, Wimbledon correspondant davantage à sa technique éprouvée. Simon, intelligent et complet, n'a lui carrément pas les armes pour gagner un Grand Chelem: il ne possède aucun coup qui fait mal ce qui est rédhibitoire au plus haut niveau.

Seul Gaël Monfils a déjà prouvé qu'il pouvait "voyager" sur la surface la plus lente du circuit. Sa défense élastique et son punch en font même un outsider de premier choix lorsqu'il évolue en pleine confiance. Mais voilà, le Francilien n'est pas au mieux physiquement et il sera toujours trop attentiste sur la durée d'un match en trois sets gagnants pour déborder les meilleurs (Nadal, Djokovic, Del Potro voire Federer qui l'a éliminé deux ans de suite, en demi-finale en 2008 et en quart de finale en 2009). Les autres (Benneteau, Mannarino, Clément…) n'entrent évidemment pas dans la liste des potentiels postulants. Voilà pourquoi il faudra probablement patienter encore quelques temps avant d'assister à un remake du bonheur qui a touché la grande majorité des Français un soir de juin 1983. A moins, bien sûr, d'un énorme concours de circonstances…