Natation : Jean-François Salessy jette un pavé dans la marre et attaque l'International Swimming League

Publié le , modifié le

Auteur·e : Célia Sommer
Jean-François Salessy
Jean-François Salessy a quitté ses fonctions de manger général à l'International Swimming League. |

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Jean-François Salessy, agent de Florent Manaudou, a quitté ses fonctions de manager général de l’équipe Energy Standard Paris lors de l’International Swimming League (ISL), une compétition de natation privée qui regroupe les meilleurs nageurs de la planète. Il reproche au propriétaire de l’ISL, l’Ukrainien Konstantin Grigorishin, de ne pas respecter la transparence financière, ni l’équité sportive.

Le pari de l’International Swimming League (ISL) était osé : rassembler pendant presque six semaines (du 16 octobre au 22 novembre), en pleine crise sanitaire, dix équipes composées des meilleurs nageurs du monde à Budapest. L’ISL est une ligue privée, pensée en 2019 par le milliardaire et homme d’affaires Ukrainien Konstantin Grigorishin. Son objectif est simple : professionnaliser la natation en allouant des prize money aux sportifs et en faire un véritable show. 

Mais dimanche 15 novembre, certaines voix, critiques à l’égard de la compétition, ont souhaité se faire entendre. Parmi elles, une s’élève plus que d’autres : celle du manager général de l’équipe Energy Standard Paris, Jean-François Salessy. Dans une lettre ouverte adressée à Konstantin Grigorishin, il déclare ne plus vouloir faire partie de "sa farce" et annonce son retour imminent en France. "La création d’une ligue professionnelle pour les nageurs, j’ai trouvé ça très intéressant au départ. Elle replaçait les sportifs au centre du débat, reconnaît le manager. Mais à partir du moment où l’équité sportive et la transparence financière ne sont pas respectées, j’ai considéré que les conditions n’étaient pas réunies. Je suis déçu car j’avais de l’espoir en ce nouveau format de compétition."

Jean-François Salessy reproche à Konstantin Grigorishin de ne "payer que ceux dont il a besoin pour que la compétition existe, c’est-à-dire les nageurs, les entraîneurs et la production audiovisuelle". Selon lui, les managers, techniciens, fournisseurs et le personnel administratif seraient quant à eux "pas ou mal payés". "J’ai été un an et demi au service d’ISL et j’ai reçu 10 000€ soit l’équivalent de deux mois de salaire, détaille-t-il amèrement. Je ne suis pas le seul et je ne veux pas en faire une affaire personnelle. Si je rends ça public, c’est pour alerter les gens qui travaillent avec ISL et leur dire de faire attention." Jean-François Salessy n’avait pas signé de contrat de travail. Il avoue avoir fait confiance à Konstantin Grigorishin et "comptait sur sa parole".

"Des méthodes autocratiques"

Outre l’aspect financier, il dénonce également les "méthodes autocratiques" utilisées par l’homme d’affaires. "Il vous dicte ce que vous devez faire, à l’image d’une dictature, pointe du doigt Jean-François Salessy. Pendant un mois entier, j’ai dû assister malgré moi au fait que le planning des épreuves n’était concocté que par lui-même. Encore pire : le tirage au sort n’a pas été réalisé sous l’œil d’un huissier de justice. Choisir qui va rencontrer qui et comment, ça va à l’encontre de l’équité sportive et ce ne sont pas mes valeurs."

Hubert Montcoudiol, l’ex-directeur des opérations commerciales de la ligue, a confirmé les dires de Jean-François Salessy. Mais l’ex-manager ne compte pas s’arrêter là et a déjà consulté son avocat. Il envisage une action en justice. De son côté, l’ISL s’est défendue par la publication d’un bref communiqué : "Il s’agit d’un cas isolé et il ne représente pas ISL (…) ISL ne souhaite pas apporter de commentaire à cette interprétation d’une collaboration passée".