Cate Campbell déçue à l'arrivée de la finale du 100m aux JO de Rio
Cate Campbell déçue à l'arrivée de la finale du 100m aux JO de Rio | AFP - CHRISTOPHE SIMON

Natation - Cate Campbell à coeur ouvert: une lettre touchante à l'adresse des "guerriers du clavier"

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Agé de 26 ans, Cate Campbell s'est livré à un exercice rare. Championne du monde du 100m nage libre, double championne olympique du relais 4x100m, ancienne détentrice du record du monde du 100m, l'Australienne s'est fendue d'une lettre à l'adresse des anonymes aux critiques acerbes. Un texte à lire.

"Il faut énormément de temps, d'efforts, de diligence, de persévérance et surtout de courage pour arriver à un endroit où l'échec est possible. Parce que c'est le même endroit où le succès est possible." Voilà l'une des phrases pleines de bon sens, de franchise, écrites par Cate Campbell, à l'adresse de tous ces anonymes qui s'en prennent à elle depuis son échec sur la finale du 100m nage libre des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro. Un texte intitulé "Lettre aux... guerriers du clavier", écrit avec humour mais surtout profondeur. 

Car depuis cette 6e place en finale, loin de l'or "promis" à la détentrice du record du monde, du record olympique et du Commonwealth, sa vie n'a pas été simple. "Je veux juste que vous sachiez que vous ne pouviez pas être plus déçus de moi que moi. Vous ne pouviez pas avoir plus honte de moi que moi-même. Vous ne pouviez pas me juger plus sévèrement que moi", dit-elle. 

"Demandez-vous ce que cette personne que vous regardez a dû sacrifier"

Et de lancer: "Jugez-moi. Assis sur votre chaise, jugez-moi. Jugez-moi parce que je me suis étoufée. Jugez-moi parce que je n'ai pas tenu sous la pression. Jugez-moi parce que j'avais moins de 60 secondes pour accomplir, non seulement mon rêve, mais les rêves d'une nation, d'une équipe, d'un entraîneur, de ma famille. Parce que vous avez raison. (...) Mais ne me jugez pas parce que vous pensez que je m'en fiche. De cela, je suis innocente."

Et la nageuse australienne demande aux lecteurs: "Avant de commencer à assouplir vos pouces, demandez-vous si vous êtes qualifié pour émettre des critiques et avoir l'insulte à portée de main. Demandez-vous ce que cette personne que vous regardez a dû sacrifier pour atteindre la position dans laquelle elle se trouve. Qu'ont-ils fait ? Qu'ont-ils abandonné ? Seriez-vous prêts à vous mettre à leur place ? Pas seulement pour les quelques instants que vous voyez, mais ceux que vous ne voyez pas. Pour le sang, la sueur et les larmes, qu'ils ont versés pour se placer dans cette position. Un endroit où l'échec est possible, mais le succès aussi. Si la réponse est non, et ce sera presque toujours le cas, alors changez peut-être votre titre."

Un texte à lire