Aurélie Muller

Natation : après la désillusion aux Mondiaux, Aurélie Muller veut se relancer

Publié le , modifié le

Dans un message Facebook, Aurélie Muller, championne du monde 2017 du 10km, est revenue sur la déception de sa non-qualification aux Jeux Olympiques 2020. Elle évoque aussi avoir pensé arrêter sa carrière. Mais finalement, la Française a décidé de continuer à nager avec le groupe de Fabrice Pellerin à Nice. Elle quitte donc Montpellier et son emblématique entraîneur, Philippe Lucas.

"Tomber, se relever." Les premiers mots d'Aurélie Muller sur sa page Facebook font le passé, le présent et le futur. Tomber, pour parler de son amère expérience récente aux Championnats du monde de natation en eau libre. Se relever, pour montrer son état d'esprit actuel. "Comme si je ne pouvais pas faire autrement que de tomber, d’être en difficultés, devoir y faire face... contrainte à relever la tête… à interroger mon envie de continuer, de repartir.  Quel cycle infernal. Je me fatigue moi-même !" 

Mi-juillet dernier, Aurélie Muller se présentait aux Mondiaux, l'esprit rivé vers Tokyo 2020. Une place dans le top 10 du 10 km et la place olympique était acquise. Mais un scénario cruel la prive d'une nouvelle chance olympique. "Voilà en effet qu’après avoir animé et mené toute la course des 10km aux Championnats du Monde, la championne du monde en titre (elle-même) se fait , à 200m de l’arrivée, rattraper et happer par un peloton. OK… Mais ce peloton n’est pas de 8 ou 9 nageuses, mais bien 10, la dixième concurrente étant la championne olympique", rappelle Muller. "Et voici que dans cet ultime sprint, notre nageuse se fait particulièrement nagé dessus par une italienne, celle là-même qui lui avait valu de perdre sa médaille olympique en 2016..." 

à voir aussi La malédiction olympique d'Aurélie Muller La malédiction olympique d'Aurélie Muller

Car aux Jeux Olympiques 2016, à Rio de Janeiro, l'élève de Philippe Lucas avait vécu un cauchemar. Une disqualification du 10 km pour avoir mis la main sur la tête d'une concurrente dans les derniers mètres de course. La médaille d'argent s'est évaporée, au profit de Rachele Bruni. Cette même Italienne mise en cause par le clan bleu aux Mondiaux 2019. "Il faudra ensuite une nouvelle et interminable attente autour d’une photo finish… avant que les juges ne décident qu’un dixième sépare la championne olympique de la championne du monde. A l’évidence, nous ne pouvions pas en effet être ex-aequo… Il fallait juste 10 filles puisque seules les 10 premières sont qualifiées pour Tokyo 2020… Je serai donc la onzième ! Les réclamations sur les conditions sur ce sprint final n’y changeront évidemment rien", déplore Muller. 

Elle a songé à arrêter

Avec cette qualification manquée, l'imbroglio avec Bruni, Aurélie Muller, qui s'exprime à la troisième personne, affirme ne pas être maudite. "Aurélie Muller, malgré sa combativité, perd tout. Est-ce que je suis habituée à ce rôle ? Non. Est-ce que c’est le mien ? Je le refuse. Peut-on dire que quelque chose s’acharne ? L’histoire, assurément. Et après ? Est-ce que cela fait de moi une « maudite » ? Pas du tout. Mon chemin est ponctué de grandes déceptions, d’immenses désillusions, très souvent olympiques...". 

Toutefois, elle parle d'une pensée négative qui lui est venue par la suite. Arrêter. "Pourquoi ne pas se résoudre à abandonner ? Lâcher prise. Je voudrais… Peut-être ?… Certains me le conseillent. Cela pourrait bien être une solution. Faut-il s’entêter ? Qu’y a t-il encore à aller chercher, démontrer ? Quels challenges ? Quels objectifs ? Tout cela a tourné dans ma tête. Tout l’été. Laissant peu de répit et de repos."  Sauf que la Sarragueminoise n'est pas du genre à abandonner. D'un revers de main, elle a balayé cette idée. "Mais au fil du temps, j’ai vu mon avenir se dessiner. Il fallait replonger ! Je ne peux pas m’arrêter sur une déception ! Il faut tenter encore. Essayer, peut-être, autre chose. Croire toujours en sa bonne étoile. Somme toute, ne rien lâcher !"

Aurélie Muller va donc continuer, avec des nouveaux objectifs mais aussi un nouveau cadre d'entrainement. Fini la collaboration avec Philippe Lucas, avec qui ça été "un vrai régal", dit-elle. Direction Nice, sous la tutelle de Fabrice Pellerin. "Il me fallait du frais. Du neuf. Je cherchais avant tout un groupe avec à sa tête un coach d’expérience. Tous deux ouverts, mâtures et travailleurs." Pour se relever et s'élever.