Camille Muffat
Camille Muffat | PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Muffat : "Un record du monde, sinon rien"

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Camille Muffat, championne olympique 2012 (400 m libre), s'est offert "des petits plaisirs par-ci par-là", en battant son premier record du monde, sur 800 m libre (8:01.06), lors des Championnats de France, vendredi à Angers.

Q: Comment avez-vous abordé ce 800 m ?
R: "A la base, le 800 m n'était pas prévu dans mon programme mais Fabrice (Pellerin, son entraîneur) m'a dit: +Tiens, 8:04! C'est dans tes cordes, ça!+ Ma première réaction a été de dire que ça n'était pas possible, vraiment loin de ce que je peux faire, et puis j'ai réfléchi. En tenant compte de mes chronos sur 400 m, c'était faisable. Une fois décidé, ça ne pouvait être qu'un record du monde, sinon ça ne sert à rien. Je n'avais rien à perdre. Quand on peut faire quelque chose, autant ne pas s'en priver. Ce n'était pas de tout repos, c'était un effort assez difficile que je n'aime pas, parce que je ne maîtrise pas, mais je suis quand même fière de moi de ne pas m'être défilée".

Q: Qu'est-ce que cela vous fait d'avoir battu votre premier record du monde ?
R: "On ne réalise pas tout de suite. Ce n'est pas comme si j'avais couru après pendant longtemps. Ca se fait sur une distance que je ne fais pas souvent, et jamais en petit bassin. Ca montre que je reste polyvalente. Même si je sais faire du 400 m, je peux nager aussi un 800 m correct. C'est mon tout premier et je ne pense pas que ce soit le dernier. Et même si c'est le cas, honnêtement, ça n'est pas grave. Ce qui compte, ce sont les titres. Pour tout nageur, les records passent après les titres. Les records viennent agrémenter ça, des petits plaisirs comme ça de temps en temps. Ca devient assez rare, puisque les records sont assez difficiles à battre. On arrive à en trouver, par-ci, par-là. Maintenant que je suis championne olympique, je peux me consacrer aux autres choses".

Q: Avez-vous fait des paris avec Yannick Agnel, votre partenaire de club, qui lui aussi bat des records à Angers ?
R: "On n'a rien parié. Mais on aurait peut-être dû demander à des amis d'aller parier pour nous. C'est pas mal, ce qu'on est en train de faire. En arrivant ici, j'étais plus près que lui de battre un ou des records du monde et il le savait. Lui, il lui reste le 200 m à nager et c'est à sa portée. Ca lui ferait 2 records du monde (avec le 400 m) et un record d'Europe (800 m). Je pense que ça va être dur pour moi de faire mieux. Sur mes courses, ça ne peut être que des records du monde, qui sont aussi des records d'Europe."

AFP