Philippe Lucas
Philippe Lucas | AFP - ALEXANDER KLEIN

Lucas : "Peur de travailler avec moi"

Publié le , modifié le

Dans un entretien accordé à l’Equipe, Philippe Lucas, ancien entraîneur de Laure Manaudou et de Federica Pelegrini revient sur l’image qu’il renvoie dans l’univers de la natation. Il refuse de se voir en l’entraîneur tyrannique que l’on veut faire de lui et ne comprend pas que certains nageurs le fuient.

On peut avoir été entraîneur de Laure Manaudou (1 titre aux JO, 3 titres de championne du monde) et de Federica Pelegrini (2 titres du championne du monde) et être boudé des nageurs. C’est le cas de Philippe Lucas. Pour son franc-parler et ses méthodes d’entraînements très physiques (basées sur le foncier) le blond aux lunettes de soleil les plus connues après Polnareff n’est pas le plus apprécié des bassins. Dire qu’il est même l’un des plus critiqués ne serait sans doute pas exagéré et la fin houleuse de ses collaborations avec ses athlètes précédentes étayent l’idée d’un homme difficile à supporter. Pellegrini ? "On ne s’est pas croisés (ndlr : après son titre de championne du monde à Shanghai), explique-t-il. Je l’ai rappelé quelques jours après, elle n’a pas répondu". Manaudou ? "Elle m’a dit un jour que ça la faisait chier que je parle d’elle. Et moi, ça me fait chier de parler d’elle". De là à dire que l’homme peut déranger, il n’y a qu’un pas…

"Je suis sûr de ce que je fais"

Plus récemment, c’est le cas du dossiste Benjamin Stasilius, qui a quitté son équipe, le Lagardère Paris Racing pour Amiens qui l’a révolté. Selon lui, son départ aurait été accéléré par Lionel Horter, directeur des équipes de France. Ce à quoi a répondu le principal intéressé, toujours dans l’Equipe : "Il ferait mieux de se poser les vraies questions sur le départ de ses nageurs". Le ton est donné.

Pas de quoi pour autant remettre en questions ses méthodes d’entraînement : "Je suis très motivé, j’aime entraîner. Si demain ça me branche plus, j’arrête. Je suis sûr de ce que je fais." Les faits lui donnent raison. Depuis 2004, l’originaire de Melun a cumulé les distinctions, que ce soit avec Manaudou, Pellegrini ou Camelia Potec (médaille de bronze des Mondiaux de Rome en 2009). Malgré certaines incompréhensions, son discours zozotant continue de convaincre et ses projets sont encore nombreux. En priorité, "qualifier certaines nageuses comme Magali Rousseau ou Coralie Dobral" pour les JO. Ensuite, faire revenir Amaury Leveaux (deux fois vice-champion olympique à Pékin) à son meilleur. De quoi largement lui faire oublier ses récents déboires. Et, si les résultats sont une fois de plus au rendez-vous, prouver que c’est sans doute lui, qui avait raison.