Philippe Lucas
Philippe Lucas | AFP - ALEXANDER KLEIN

Lucas: l'entraînement, "c'est pas de la télépathie"

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En marge du meeting des Sept collines à Rome, l'entraîneur français Philippe Lucas, qui s'occupe désormais de Federica Pellegrini, parle toujours de "travail" et de Son plaisir de coacher les nageurs, et attend sa star italienne en France la saison prochaine, car l'entraînement, "c'est pas de la télépathie".

Avec Federica Pellegrini l'objectif est-il une médaille olympique à Rio  en 2016 ?

Philippe Lucas : "Avant de parler médailles, il faut parler travail, et elle travaille  très bien. C'est une fille qui dure dans le sport, elle a été vice-championne olympique à 16 ans et demi (2004), championne olympique à 20 ans, refaire quatre ans comme ça, c'est long. Là elle le fait tranquille, en nageant une fois par jour et en restant à un certain niveau en compétition. L'année  prochaine on va réattaquer comme ça sur un trimestre, mais après ce sera comme  avant."
   
Est-ce qu'elle peut redevenir la "Fede" d'avant ?

P.L. : "Mais ça c'est des réponses qu'on ne peut pas donner. Elle a le potentiel, ça c'est sûr, mais tout est une question de travail et de volonté, et ça, ça dépend d'elle. Il faut qu'elle soit sous les 4 minutes au 400 m dans trois ans, c'est ça l'objectif. Mais il ne faut pas s'attendre à des merveilles, elle ne va pas à Barcelone pour être championne du monde, elle a eu un discours très clair. En tout cas elle est courageuse de nager le 400 m devant son public, contre Camille Muffat, la championne olympique, qui nage déjà en 4:02 (4 min 02 sec 64/100, Pellegrini a terminé 3e à Rome, derrière  Muffat et Coralie Balmy). Et on a vu tout de suite qu'elle est capable de nager en 2:08 dès qu'elle se met au 200 m dos. La grande force de Federica, c'est qu'elle aime la natation, et ce n'est pas le cas de tous les nageurs, il y en a qu'il faut pousser dans l'eau. Je la respecte pour ça."
   
Va-t-elle venir s'entraîner en France avec vous ?

P.L. : "Ce n'est pas encore décidé, mais ce qui est sûr c'est qu'il faut que l'année prochaine on travaille l'un à côté de l'autre. Cette année on pouvait  le faire, je lui envoyais les séances d'entraînement tous les jours, et on se voyait en stage. Mais si on veut faire du haut niveau, ce n'est plus possible, c'est pas de la télépathie, il faut être présent."
   
Et vous n'avez pas envie de venir à Vérone...

P.L. : "C'est pas que j'ai pas envie, mais d'une j'ai un bon job où je suis, de deux j'ai une certaine image en France et si je la perds, j'y perds, et troisièmement, j'ai mes enfants à 40 km d'où je suis."
   
Vous avez dit à la presse italienne: "ce n'est pas moi qui m'adapte, ce sont les autres qui s'adaptent à moi". N'est-ce pas surtout une formule ?

 P.L.: "Je parlais de la langue. Federica apprend le français, pour entraîner,  il faut être capable d'analyser les gens, leur faire comprendre où tu veux les  emmener. J'ai entraîné beaucoup d'étrangères, j'ai pas appris les langues à l'école c'est pas pour les apprendre maintenant."
   
On vous voit regarder toutes les courses ici à Rome, vous restez  passionné par votre sport ?

P.L.: "Pas toutes les courses, mais beaucoup, là je regardais un ancien nageur  à moi que j'adore, Luca Marin, c'est un meeting relevé ici. Moi j'aime entraîner, et le jour où je n'aurai plus envie, j'arrête tout de suite."
   
Vous avez vu nager Florent Manaudou ?

P.L.: "On connaît les qualités de Manaudou, quand tu nages 21.4 (au 50 m), c'est normal que tu nages 48.4 (au 100 m), c'est sûr que s'il se met sur 100 m  il peut nager 47.6, 47.7. Mais c'est Manaudou, il est comme sa soeur, s'il fait du papillon, il est bon en papillon, s'il fait de la brasse, il est bon en  brasse. C'est Zidane."

AFP