Frédérick Bousquet portrait Budapest 2010
Frédérick Bousquet | AFP - Raymond Roig

Grosses tensions entre Bousquet et la Fédération

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Frédérick Bousquet, champion d'Europe 2010 sur 50 m libre et triple médaillé mondial 2009, envisage de ne plus répondre aux convocations de l'équipe de France si la Fédération française n'autorise pas la présence de son entraîneur américain, Brett Hawke, à ses côtés. Bousquet et Christian Donzé, directeur technique national (DTN), se sont rencontrés samedi soir pour évoquer le sujet mais chacun reste visiblement campé sur ses positions.

"Il faut respecter le protocole"

Depuis quelques jours maintenant, Frédérick Bousquet est remonté comme une pendule. La faute à la fédération française de natation qui refuse que son entraîneur américain Brett Hawke l'accompagne cet été aux Mondiaux à Shanghai. Une décision qui énerve particulièrement le nageur perpignanais. "C'est sûr qu'on va aller au clash et je pourrais arrêter d'être en équipe de France, avait-il déclaré en début de semaine. Je ne suis pas arrivé à 30 ans pour me faire "chier" vraiment avec des mecs qui n'en valent pas la peine." Avant de poursuivre : "Est-ce qu'Alain (Bernard) aurait été champion olympique à Pékin sans Denis (Auguin) à ses côtés pour le récupérer après le relais et le remettre d'aplomb pour le 100 m ? On ne sait pas. Demandez à l'athlète. Demandez à Laure (Manaudou, sa compagne) par rapport à Philippe (Lucas) à Athènes (en 2004). Je ne suis pas en train de me comparer à eux, ce sont d'énormes champions mais ça fait partie de leur réussite, des ingrédients d'une réussite. J'aimerais bien les avoir ces ingrédients là à un moment donné."

Après cinq jours de compétition dans le cadre des Championnats de France (Strasbourg), la situation reste toujours tendue entre la FFN et Bousquet. Et ce malgré la rencontre, samedi, entre le nageur et le DTN, Christian Donzé. Les deux protagonistes restent en effet campés sur leurs positions. "Si aujourd'hui il n'y a pas de solution pour que Brett soit au bord du bassin à Shanghai, ça veut dire que je vais arrêter, tout simplement", a menacé Bousquet. "La balle est dans son camp. Je souhaite vivement qu'il soit en équipe de France. Je n'ai aucun doute là-dessus, a de son côté expliqué Donzé. Je n'ai pas changé de position depuis le début de la semaine. Depuis deux ans, je fonctionne avec un collectif d'entraîneurs représentatifs des compétences françaises. Il n'y a pas de raisons que ça change."

Une explication qui trouve écho du côté de la présidence de la FFN. "Il faut respecter le protocole à savoir que tous les sélectionnés pour les Championnats du monde doivent être présents à l'Open de Paris (25-26 juin) et doivent faire confiance à ceux qu'on a choisis, DTN et entraîneurs", a en effet souligné Francis Luyce. Et d'ajouter : "Si Monsieur Frédérick Bousquet ne devait pas respecter ces conditions, nous accepterions effectivement qu'il soit forfait pour les Championnats du monde".

En dépit de cette affaire, Frédérick Bousquet n'a pas tremblé dans le bassin de Shiltigheim pour conserver son titre de champion de France du 50 m nage libre et ainsi se qualifier sur cette même distance pour les Mondiaux de Shanghai en juillet prochain. Reste maintenant à savoir s'il sera ou non du voyage.

Isabelle Trancoën