Frdérick Bousquet
Le sprinteur Frédérick Bousquet au départ | AFP - ALAIN JOCARD

Chartres, une éclaircie dans le désert

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Il y avait la cathédrale, visible à une vingtaine de kilomètres à la ronde. Il y a désormais l’Odyssée, le plus grand complexe aquatique de France, pour situer la chef lieu de l’Eure-et-Loire sur la carte. En attendant la grande piscine que la France des bassins espère en région parisienne (Aubervilliers), c’est à Chartres que sont organisés les championnats d’Europe en petit bassin.

LES CHAMPIONNATS D'EUROPE A SUIVRE EN DIRECT

La dernière grande compétition internationale organisée en France datait de 1987 (Strasbourg). La prochaine ? Pas tout de suite.

Aubervilliers au point mort

Pouvait-on prévoir que la France deviendrait en moins d’une décennie la troisième nation mondiale en natation ? Un redressement qui ferait pâlir n’importe quel ministre. Pourtant, si les nageurs français brillent dans les bassins, ce n’est pas grâce à la qualité de ses infrastructures. Parent pauvre des stades et des salles au niveau européen, la France n’est pas mieux lotie avec ses centres aquatiques. C’est quasiment un miracle pour Chartres d’avoir été choisi pour organiser les championnats d’Europe en petit bassin. En ratant le virage des Jeux olympiques 2012, la natation française a perdu son projet de grande piscine à Aubervilliers, à quelques centaines de mètres du Stade de France. Si les collectivités se battent pour financer le projet comme pour le Vélodrome de St-Quentin en Yvelines dont la construction avance bien (livraison prévu fin 2013, ndlr), le projet est bloqué sur le plot de départ en attendant un financement de l’Etat pour acquérir le terrain. L’eau n’est donc pas prête de couler au nord de Paris.

Chartres ou rien

Quelques mois après l’été doré de Londres, le public a toutefois une vraie de chance d’admirer ses héros dans son élément. Grâce à la clairvoyance de la Fédération française de natation et au succès de l’Open EDF à Paris, une voie s’est ouverte pour un championnat d’Europe dans l'hexagone. La piscine Georges Vallerey de Paris déclassée en 2004, il n’y avait pas beaucoup de site capable d’accueillir une manifestation de cette ampleur. Aussi incroyable que ça puisse paraître, il n’y en avait qu’un : l’Odyssée à Chartres. « C'est une des rares piscines en France qui permettait la tenue d'une telle compétition. Si ce n'est la seule, si on ajoute la mobilisation totale des collectivités locales », explique Louis-Frédéric Doyez, directeur général de la FFN.

Petit bassin et petite tribune

Ouvert en septembre 2009, l’Odyssée est un très bel outil. Suffisant pour un Euro ? Tout juste aux dires de Doyez. « C'est une très belle piscine... pour la France. Mais elle est tout juste adaptée pour accueillir une compétition de cette envergure. » Pour rentrer tout ce petit monde dans le complexe chartrain, il a fallu s’organiser et rajouter des structures dans la piscine et à l’extérieur. « Tout a été pensé, rationalisé, reprend le DG de la fédération. Des infrastructures temporaires sont nécessaires. Nous n'avons pas la capacité d'accueil que nous aimerions pouvoir offrir pour un tel événement. Surtout après Londres, pour la première compétition internationale de l'Equipe de France olympique post JO. Mais quelle piscine serait assez grande pour recevoir la fierté, le bonheur d'un sport, d'un pays ? » Avec 1000 spectateurs dans les gradins provisoires, l’équipe de France sera soutenue comme jamais elle ne l'a été. C’est déjà ça.

Xavier Richard @littletwitman