Ça s'est passé un 24 avril 2014 : Le retour gagnant de Michael Phelps dans les bassins

Publié le , modifié le

Auteur·e : Paul Giffard
Michael Phelps
La légende Michael Phelps en action. | GABRIEL BOUYS / AFP

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Michael Phelps n'avait plus nagé en compétition depuis le 12 août 2012, date de la finale du relais 4x100m 4 nages des Jeux olympiques de Londres en 2012, remportée avec les États-Unis. Plus d'un an et demi plus tard, il signe un retour qui le propulsera quelques années après, encore un peu plus dans la légende des JO. Cela a commencé le 24 avril 2014.

"Je n'ai vraiment rien fait pendant 18 mois - deux ans. Mais il me manquait quelque chose, nager me manquait, c'est aussi simple que cela." Retour à la case départ donc, le 24 avril 2014 pour l’athlète le plus titré de l’histoire des Jeux, le plus grand nageur de tous les temps : Michael Phelps. Avec 22 médailles obtenues dont 18 or à l'issue des JO de Londres (quatre ans après son impeccable parcours à Pékin 2008 avec 8 titres olympiques), il avait décidé de mettre en terme à son immense carrière deux ans avant.

"J'ai la chance d'avoir atteint tous mes objectifs, il est temps de passer à autre chose", avait déclaré l’Américain, alors âgé de 27 ans à l’issue de la compétition londonienne. Mais, en 2014, il est rattrapé par sa passion et décide alors de s’aligner au Grand Prix de natation de Mesa (Arizona) pour signer un come-back presque parfait.

"J'étais très excité de revenir en compétition"

Sous la houlette de son entraîneur de toujours, Bob Bowman, Phelps s’aligne, en ce 24 avril, sur sa distance favorite : le 100m papillon. Il détient trois titres olympiques et trois couronnes mondiales sur cette distance (2007, 2009, 2011).

Aligné dans la 14e et dernière série de matinée, le plus grand nageur de tous les temps signe le meilleur chrono des engagés (52’’84). Ce qui est bien loin tout de même de son record du monde à l’époque : 49 sec 82/100 (son compatriote Caeleb Dressel l’a battu l’an dernier à Gwangju, en Corée du Sud, en réalisant 49’’50).

Michael Phelps, de retour à la compétition, le 24 avril 2014.
Michael Phelps, de retour à la compétition, le 24 avril 2014. © ROY DABNER/EFE/Newscom/MaxPPP

"J'ai pris beaucoup de plaisir, j'étais très excité de revenir en compétition, je peux sans doute faire mieux, car j'ai fait quelques erreurs. Il va falloir améliorer cela pour la finale", avait-il reconnu en souriant après la course avant d’ajouter : "C'est fun et incroyable d'être de retour avec tous les encouragements que je reçois sur les réseaux sociaux".

Pourtant, le succès n'est pas total. En finale, Michael Phelps a terminé (seulement) deuxième derrière son habituel rival généralement souvent resté dans son ombre, Ryan Lochte. Mais son temps lors des séries lui permet d’être directement qualifié pour les Championnats du monde 2015 à Kazan, en Russie. Cependant, la machine se grippe.

Privé de championnats du monde de natation

Au petit matin du 30 septembre 2014, le monde du sport se réveille sous le choc. Dans la nuit précédante, Phelps est arrêté par les autorités du Maryland pour conduite en état d’ivresse. L’athlète américain a été intercepté par la police parce qu’il roulait à une vitesse excessive, dépassant même de 50km/h la limitation.

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Une semaine plus tard, la Fédération américaine de natation décide de suspendre son meilleur atout lors de Championnats du monde de natation 2015, en lui infligeant une sanction de six mois. Ayant reconnu publiquement ses actes, le "Glouton du Michigan" avait annoncé qu’il allait prendre du temps pour lui. "La natation est la chose la plus importante dans ma vie mais maintenant, j'ai besoin de me concentrer sur moi et effectuer le travail nécessaire pour apprendre de cette expérience et prendre de meilleures décisions à l'avenir". Pas de championnats du monde, et un accroc sur son plan de retour.

Ce n’est pas la première fois que le nageur de Baltimore a à faire à la justice. En 2004, pour des faits similaires, il avait écopé d'une peine de 18 mois. En 2008, une photo de lui, alors qu'il avait 23 ans, portant à ses lèvres une pipe en verre destinée à la consommation de cannabis, avait également fait scandale.

Sur une autre planète à Rio

Critiqué mais pas rassasié, Michael Phelps ne quitte pas son objectif des yeux. Le meilleur, il veut l'être pour ses 5e Jeux olympiques. Même à plus de 30 ans. Avec une montée des performances qui va crescendo au cours de l’année 2015, il se rapproche des records du monde.

Le 3 août 2016, il est désigné porte-drapeau de la cérémonie d’ouverture pour les Jeux olympiques au Brésil. "C'est un honneur d'avoir été choisi. Je suis fier de représenter les Etats-Unis et réalise l'importance du rôle de porte-drapeau et de tout ce qu'il comporte", s'enorgueillit l’homme qui allait rentrer un peu plus dans la légende du sport en Amérique du Sud.

8 jours plus tard, il réalise la passe de 4 en conservant son titre olympique sur 200m 4 nages. Il devient le premier nageur à remporter quatre médailles d'or dans la même épreuve individuelle. Au terme d’une course d’anthologie, l’Américain s’impose et montre qu’il est sur une autre planète, un "extraterrestre" s'extasie le commentateur Alexandre Boyon.

Rare pour une légende de réussir un come-back

Pour la dernière épreuve de sa longue et glorieuse carrière, "La Balle de Baltimore" remporte, sur le 4x100m 4 nages sa 28e et ultime médaille olympique, la 23e en or. "C'est comme ça que je voulais finir ma carrière, je ne pourrais être plus heureux", assume Michael Phelps avec émotion. Il peut alors replier ses ailes, définitivement.
 

Michael Phelps tout ému à la sortie du bassin après sa dernière course.
Michael Phelps tout ému à la sortie du bassin après sa dernière course. © Fei Maohua / Xinhua News Agency/Newscom/MaxPPP

Seule ombre au tableau si on peut dire, lors de cet évènement planétaire, une médaille d’argent décrochée sur le 100m papillon, derrière le nageur de Singapour Joseph Scooling. Malgré cette petite déception, il savourera cette breloque avec ses amis Chad Le Clos et László Cseh qui ont aussi terminé à la deuxième place ex-æquo.

On notera, parmi les « come-backs », que rares sont les athlètes à avoir brillé lors de leurs retours. Laure Manaudou, Mark Spitz, Ian Thorpe, en natation ont bu la tasse, Björn Borg (tennis) ou Michael Schumacher (Formule 1) n'ont jamais retrouvé le niveau de leurs périodes dorées.

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Paul Giffard paul_gfrd