Yannick Agnel
Yannick Agnel | ALAIN JOCARD / AFP

Agnel réussit son premier pari

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Une semaine après son record du monde aux championnats de France à Angers, Yannick Agnel a été sacré champion d’Europe dans le petit bassin de Chartres. C’était la première étape de son triptyque 100-200-400. Sur une distance qu’il ne pratiquait plus, le Nîmois a écrasé la concurrence en s’imposant en 3’37’’54. Il devance de plus de quatre secondes les Italiens Detti et D'Arrigo.

Depuis sa mue vers la discipline reine du 100 m en 2012, Yannick Agnel ne nageait plus qu’occasionnellement sur le 400 m. Après sa consécration olympique à Londres, le Nîmois et son coach Fabrice Pellerin cherchaient de nouveaux défis. Celui du 400 m en petit bassin s’est imposé naturellement. On n’oublie pas ses premiers amours. Le technicien niçois connaît si bien ses nageurs qu’Agnel n’a opposé aucune résistance à ce retour sur une distance exigeante. Homme de défi, le double champion olympique n’a peur de rien et a une confiance aveugle envers son entraîneur. Ses efforts avaient déjà été récompensés la semaine dernière à Angers avec un record du monde en 3.32.25. A Chartres, il visait l’or et rien d’autre. Programmé en ouverture des championnats d’Europe, le 400 m présentait un risque réel de "pomper" inutilement des forces.

Une série à l’économie...

Au départ de sa série, le double champion olympique ne semblait pas dans son assiette. Quelques murmures dans le public. Que se passait-t-il pour le géant nîmois, parti timidement pendant les premiers 200 m. Oscillant entre la 4 et et la 5e place, Agnel n’arrivait pas accélérer. Il réservait son attaque pour les deux derniers allers-retours. « Gestion, gestion ! Ce n’était pas facile de se mettre en route ce matin, raconte-t-il. On a eu un échauffement qui ressemblait plus à un entraînement… Fabrice nous a fait bosser un peu plus qu’à l’accoutumée donc ce n’était pas évident. Il nous le fait de temps en temps. Ce sont des choses calculées. Je lui laisse le soin de gérer tout cela. Nous on lui fait confiance.» Revenu à la deuxième place de sa série, il signait le deuxième temps de la matinée en 3.43.72. Loin, très loin de son record du monde. « Ça pique un peu car ce n’est pas une course habituelle, reprenait-il. Ce soir il faudra que je sois bien concentré et proche de ce que j’ai fait à Angers mais normalement ça devrait passer. »

...une finale aussi

Avec une telle marge, Agnel pouvait gérer ses efforts. La semaine sera longue et toute fatigue inutile est à proscrire. « Objectif gestion des cartouches et de l’énergie à ne pas griller d’entrée. » En finale, Agnel n’a pas changé de stratégie. « J’ai essayé de la tuer dans l’œuf dès l’entrée dans les premiers mètres. Ça a fonctionné et j’ai sauvegardé un peu d’énergie pour le reste. » Le plus dur commence pour Agnel, engagé dans son marathon aquatique avec le 100 et le 200 sur les trois prochains jours. « C’est cool, ça fait un sur trois, s’amuse-t-il. Maintenant il va falloir que je me gère. J’ai réussi à en garder un peu sous le pied pour le reste de la semaine tout en jouant la gagne. Je suis content que ce se soit passé de cette manière. Ça va être difficile à gérer la fin de semaine avec les séries, demi-finales et finales à chaque fois mais il va falloir s’y employer. » Pas la peine de prendre les paris, Agnel reste le même carnassier qu’aux JO. On connaît la suite.

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