Yannick Agnel
Yannick Agnel | AFP - ALAIN JOCARD

Agnel: "J'étais arrivé à un point de non retour" avec Pellerin

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Yannick Agnel, qui a choisi de s'expatrier aux Etats-Unis pour préparer les JO-2016 sous la houlette du mentor de Michael Phelps, a expliqué les raisons de son départ. Le champion olympique a notamment confié avoir atteint un point de non-retour avec Fabrice Pellerin, son entraîneur à Nice.

Cette séparation provient-elle d'une décision soudaine ?
Yannick Agnel : "Honnêtement, c'est quelque chose qui m'est arrivé subitement. Le choix  de la date n'est pas optimal, notamment pour les Championnats du monde (à  Barcelone du 28 juillet au 4 août). Ce n'était pas mon souhait au départ. J'ai  pu lire dans la presse que Fabrice (Pellerin, son entraîneur de toujours) avait  parlé de remontage de bretelles, on a parlé de clash. Ce n'était pas le cas.  C'est arrivé un samedi matin. Trois jours après, je suis revenu voir Fabrice en  lui disant que je souhaitais m'aventurer dans un nouveau projet. La discussion  n'a pas duré éternellement, Fabrice n'a pas souhaité parlé outre mesure. C'est  son choix, c'était le mien".
   
Pourquoi cette rupture avec Fabrice Pellerin ?
Y.A : "Avec Fabrice, ce n'était plus possible, j'étais arrivé à un point de  non retour. Je ne vais pas rentrer dans les détails ou dans la critique mais je sentais qu'on arrivait au terme de notre relation. Vraiment. Pour de multiples  raisons".
   
Etiez-vous en désaccord avec lui ?
Y.A : "Ce qui me manquait sur Nice et que je vais trouver chez Bob Bowman,  c'est la chaleur humaine, le partage, la sincérité. Ce genre de choses que  Fabrice a voulu volontairement élaguer. Il a toujours voulu mettre beaucoup de  distance entre lui et ses nageurs. C'est un choix que je respecte et je ne peux  pas dire que ça ne marche pas. Aujourd'hui je suis double champion olympique et  ça, je le lui dois. Maintenant je ressens le besoin de me lancer sur autre  chose".
   
Avez-vous eu d'autres discussions avec Fabrice Pellerin ?
Y.A : "Fabrice n'a pris aucune nouvelle après ce mardi où je suis venu lui  dire que je faisais un break. J'en étais au fait de faire un break à ce  moment-là, c'était assez difficile émotionnellement, psychologiquement.  Peut-être qu'un jour on aura l'occasion de parler de tout ça. Je ne pense pas  qu'il soit apte en ce moment à la discussion et c'est peut-être une des raisons  qui m'ont poussé à aller vers d'autres horizons".

Agnel : " Ce que je veux c'est Baltimore, c'est Bowman"

Regrettez-vous de n'avoir pas fait un break après les Jeux de Londres ?
Y.A : "Non, je ne regrette pas, car il y avait pas mal de choses à jouer,  notamment les Championnats d'Europe (en petit bassin fin novembre) en France  que j'avais à coeur d'honorer. Après Chartres, je me suis dit, autant aller  encore plus loin puisque ça avait l'air de bien tenir. Malheureusement ça n'a  pas été le cas".
   
Quel est votre projet avec Bowman ?
Y.A : "Je suis arrivé en lui disant que j'étais motivé à l'idée de nager et de  pouvoir sublimer ce que j'avais déjà fait. Il était en accord avec ça. Il a  largement les outils pour le faire. Au moins jusqu'à Rio, je serai à fond. Ma  course principale sera le 200 m. Et ensuite le 100 m et le 400 m à égalité. A  mon avis je vais devoir bouffer du kilomètrage! Je suis vraiment arrêté sur ma  décision, je suis certain de ce que je veux. Ce que je veux, c'est Baltimore,  c'est Bowman".
   
Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?
Y.A : "Aujourd'hui je suis entre le soulagement, la motivation et la  concentration sur ce que je vais faire dans un futur proche et à moyen terme  aussi. J'ai hâte de me remettre à l'eau plus sérieusement ce qui n'était pas  certain au moment du break".

Vidéo: Agnel choisit l'exil

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AFP