Rafael Nadal
Le tennisman espagnol Rafael Nadal | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Nadal toujours sans convaincre

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Rafael Nadal s'est débarrassé en trois sets de l'Italien Fabio Fognini. Une victoire 7-6 (7/5), 6-4, 6-4 au cours de laquelle l'Espagnol n'a encore une fois pas convaincu. Vainqueur au tie-break de la première manche, il a encore bataillé pour empocher la deuxième avant de voir son adversaire baissé de pied dans la dernière. Pour la première fois du tournoi, le septuple vainqueur Porte d'Auteuil s'évite un match à rallonge, mais la performance, elle, soulève encore des questions. Au prochain tour, l'Espagnol affrontera le Japonais Kei Nishikori, tombeur de Benoît Paire.

A Rome cette année, Fognini n'avait pas résisté à la puissance espagnole. Une victoire en deux sets rondement menés 6-1, 6-3. La première confrontation entre les deux hommes avaient tourné court. Samedi sur le Chatrier, on ne donnait pas cher de la peau de l'Italien. Le fantasque Fognini serait incapable d'inquiéter Nadal. Après deux gros frappeurs dont il ignorait tout, Nadal retrouvait un adversaire qu'il connaît. Même s'il avait perdu un set lors de ses deux premiers matches, même si ce n'est pas encore le rouleau-compresseur qui écrase ses adversaires, enfin Nadal devait s'imposer tranquillement. Et bien que nenni. Encore une fois, Nadal a du batailler, s'accrocher pour ne pas perdre un set. Sauvé, comme toujours, par sa rage de vaincre et son abnégation, il a fini par l'emporter et se hisser pour la neuvième fois (en 9 participations) en 8e de finale Porte d'Auteuil. Mais les interrogations sur les fautes inhabituelles, sur le niveau de jeu en général de l'Espagnol ne se sont pas évanouies. 

Brèche ouverte

Les difficultés rencontrées lors des tours précédents se sont confirmées. L’Espagnol n’est pas au mieux à Paris. Râleur vendredi contre la programmation après sa qualification, la tête de série n°3 ne règne pas (encore ?) sur son royaume. Le mauvais temps qui l’a contraint à un jour de récupération que son adversaire du jour, le genou… Les hypothèses sont nombreuses mais l’Espagnol lui se concentre sur son jeu. Et il y a de quoi. Les 40 fautes directes de l’Espagnol sont autant de signe que celui-ci n’est pas encore en place. Comme si les 7 finales disputées et les 5 titres amassés depuis le début de l’année n’avaient pas de poids au moment d’aborder Roland-Garros. Le jeu à risques de Brands et Klizan avait ouvert une brèche, Fognini s’y est engouffré.

Slice impuissant

Agressé sur chaque frappe contre l’Allemand et le Slovaque, l’Espagnol a encore trouvé à qui parler contre Fognini. Son arme fatale, le slice n’a pas eu d’impact dans les deux premières manches. La parade, les adversaires commencent à la connaître : prendre la balle tôt. L’Italien a bien retenu la leçon romaine, au moins pendant deux heures. Son revers à deux mains a fait mal au Majorquin. Plusieurs fois pris dans la diagonale après avoir tourné autour de son revers, il s’est retrouvé loin de la balle. Inhabituel. Comme ses coups trop neutres sur lesquels Fognini s’est régalé. Trop peu dangereux, Nadal a d’ailleurs été le premier à céder son service (2-3). Il a du attendre le septième jeu pour enfin prendre de vitesse son adversaire bien en place.

La meilleure attaque, c’est la défense

Si Fognini a parfois du génie, il a aussi parfois des absences. Les fautes grossières commises ont permis à Nadal de rester dans le match et de revenir. Et sous ses airs nonchalants, parfois "j-m’en-foutiste", il a continué à accrocher l’Espagnol, sauvant quatre balles de set dans la première qu’il a fini par perdre au tie-break après 1h09 de combat. Mais à force d’attaquer (47 coups gagnants), l’Italien a fini par se dérégler et commettre des fautes (59). Nadal, lui, est resté droit dans ses bottes. Si la balle giclait moins de la raquette, la défense parfois héroïque de l’Espagnol sur certains échanges a fini d’écœurer le Transalpin. Le gain du deuxième set ne laissait guère de doute sur l’issue de la rencontre, mais là encore, Nadal a perdu du temps. A 5-2, il a servi une première fois pour le match. Un jeu qu’il a perdu blanc. Sur sa deuxième chance à 5-4, il n’a pas laissé passer l’occasion de plier une affaire qui aurait pu mal tourner. «Il est très difficile à contrer, il est très rapide » a salué Nadal après la rencontre. L’Espagnol est beau joueur, à défaut de bien jouer. Pour l’instant.

Vidéo: les derniers points du match

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Vidéo: Nadal analyse sa première semaine au micro de FTVsport

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