Rafael Nadal
La délivrance pour Rafael Nadal après avoir battu Andy Murray 6-4, 7-5, 6-4 | PATRICK KOVARIK / AFP

Nadal s'accroche à son titre

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Il a fallu plus de 3 heures de jeu à Rafael Nadal (N.1) pour atteindre la finale de Roland-Garros. Le jour de ses 25 ans, l'Espagnol s'est défait au forceps d'un courageux Andy Murray 6-4, 7-5, 6-4. Mis sous pression par l'Ecossais, le tenant du titre a confirmé qu'il était revenu à son meilleur niveau. Il faudra lui passer sur le corps pour lui ravir le trophée des Mousquetaires.

Si Rafael Nadal finit par remporter son 6e Roland-Garros cet année, il sera passé par toutes les émotions. Dans la joie et surtout dans la douleur. Car il ne suffit pas de lire le score pour évaluer l'épreuve qu'a imposé Andy Murray au N.1 mondial. Oui, Nadal est sorti vainqueur en trois sets mais à quel prix. Bousculé par l'Ecossais dans l'échange, malmené sur ses services, le Majorquin devait se montrer à son meilleur niveau pour s'imposer. Comme par enchantement, sa gifle de coup droit et son lift ont fait merveille. Remis en confiance face à Antonio Veic, Ivan Ljibicic et Robin Soderling, l'Espagnol a mis tout son coeur et ses tripes quand, dans les premiers tours, son bras était vide.

Dans les bourrasques, Nadal a fait durer le plaisir. Même en menant 5-1 dans le premier set et avec un break d'avance dans les deux manches suivantes, il n'a jamais pu "tuer" Murray. Au courage et à la force du poignet, le N.4 mondial a lutté pour gagner du terrain et finir les points, le plus difficile à faire face au grand Nadal. Et l'Ecossais est revenu à 4-5 dans ce premier acte avec des balles de débreak à la clé. "Après 5-1, j'ai fait quelques erreurs, j'ai perdu ma voie, a expliqué Nadal. J'ai commis deux mauvaises erreurs à 5-2. Après il a bien joué. A 5-4, ça a été un jeu crucial. Je pense avoir très bien joué, particulièrement aux moments importants. J'ai toujours mené, il n'a jamais été devant." La constante de cette demi-finale était donc l'irrégularité chronique des deux joueurs, notamment côté Murray. Dans le dernier carré comme par miracle après ses multiples voyages à l'infirmerie (cheville, dent), il a fini avec des maux de tête face à l'énigme ibère. Dans sa quête de l'impossible, il n'avait aucun droit à l'erreur mais l'Ecossais a trop gâché (ndlr, dix-huit balles de break et seulement trois converties). Les regrets seront éternels dans toutes les manches. Il y avait un trou de souris pour prolonger l'épreuve mais "el gato" n'a pas relâché sa patte.

Tout juste les deux combattants pourront-ils souffler contre ce vent mauvais qui a largement perturbé le match. Les services n'en étaient que plus disputés. Dompter le vent n'était pas mince affaire. A ce jeu subtil, c'est Nadal qui s'en tirait le mieux. "C'était difficile avec le vent, reconnaissait Nadal. De l'extérieur, c'est dur d'apprécier combien c'était difficile. Jouer avec le vent dans le dos était vraiment très compliqué. J'avais peur de frapper la balle, et le vent changeait tout le temps de direction." Toutefois, cela produisait un match de très haute volée et d'une rare intensité. Un vrai régal qui aurait pu tourner au cauchemar pour la FFT si l'Espagnol n'avait pas conclu en trois sets. Car à démarrer à 14h00, il y avait un risque de voir la 2e demi-finale entre Djokovic et Federer ne pas aller à son terme vendredi... Solide au moment de sauver des balles de break, Nadal a donné un signe fort à son futur adversaire. "Je suis très heureux d'être de retour en finale à Roland-Garros, le tournoi le plus important de l'année pour moi", a-t-il déclaré au public après être tombé à genoux après sa victoire. Non, Nadal n'est pas encore prêt à céder "sa" coupe.

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