Rafael Nadal, David Ferrer
David Ferrer (à g.) face à son compatriote Rafael Nadal (à d.) | THOMAS COEX PATRICK KOVARIK / AFP

Nadal, pour étendre son règne

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Septuple vainqueur de Roland-Garros, Rafael Nadal remet son titre en jeu après une demi-finale homérique contre Novak Djokovic. L’occasion pour lui de marquer au fer rouge l’histoire du tennis. Face à lui, son compatriote David Ferrer joue sa première finale en Grand Chelem. A 31 ans, le Valencian peut donner une tout autre tournure à sa carrière en décrochant un Majeur.

Ce dimanche, Rafael Nadal peut poser son empreinte sur l’histoire du tennis. A l’occasion de sa huitième finale à Roland-Garros, l’Espagnol pourrait devenir le seul joueur à compter huit titres sur un même tournoi du Grand Chelem. Septuple vainqueur des Internationaux de France (comme Federer et Sampras à Wimbledon, ndlr), le Majorquin ne s’est incliné qu’une fois sur l’ocre parisienne. C’était en 8e de finale en 2009 et son bourreau s’appelait Robin Soderling. A 27 ans, l’élève de Toni Nadal, son oncle, deviendrait également l’homme le plus victorieux Porte d’Auteuil en cas de succès sur David Ferrer (58 victoires, à égalité avec Federer et Vilas, ndlr).

Ferrer, victime préférée de Nadal

Victime privilégiée de Nadal, le Valencian n’a vaincu son compatriote qu’une seule fois sur terre battue. Et encore, Rafa avait 18 ans lors de cette défaite à Stuttgart en 2004. Depuis, le taureau de Manacor a dicté sa loi à quinze reprises sur cette surface. Une surface sur laquelle il n’a goûté que deux fois à la défaite sur trente-neuf  sorties en 2013. Revenu à la compétition en février après sept mois d’absence, le n.4 mondial n’a pas mis longtemps à retrouver son bras gauche de feu. Pour preuve, ses six titres décrochés cette année dont cinq sur terre battue. Sacré à Sao Paulo, Acapulco, Barcelone puis Madrid et Rome en Masters 1000, l’Ibère s’est reconstruit : « Je viens de loin et j'arrive en finale de Grand Chelem. C'est vraiment quelque chose que je n'aurais pas pu imaginer il y a quelques mois », concède le vainqueur des quatre Majeurs.

S’il n’a jamais été aussi contesté à Roland-Garros, en témoignent les 87 jeux laissés en route durant le tournoi – encore un record – Rafael Nadal a prouvé contre Djokovic en demi-finale, au terme d’un match d’anthologie, qu’il ne comptait pas céder son trône. Pour la première finale des Internationaux de France entre joueurs de la même nationalité depuis l’affrontement entre les deux argentins Gaudio et Coria en 2004, Ferrer est conscient de la difficulté de sa mission. « C'est important pour moi d'être prêt à jouer la finale en bonne condition physique, mais je pense que Rafa n'a pas besoin d'un grand temps de récupération, affirme le tombeur de Tsonga en demie. Il est prêt à rejouer 4 heures et demie. » De son côté, Rafa jure avoir déjà récupéré de son marathon avec le Serbe. Une mauvaise nouvelle supplémentaire pour celui qui atteint sa première finale de Grand Chelem après cinq demi-finales malheureuses.

Ferrer chasse un premier Majeur

Récent vainqueur de son premier Masters 1000 à Paris-Bercy, David Ferrer brigue un premier sacre en Grand Chelem. Et une place de n.3 à l’ATP qu’il n’a jamais occupée, en cas de victoire à Paris. « Évidemment, je serai un peu nerveux au début, j'en suis sûr,  mais je vais essayer de bien bouger, de bien me déplacer et de jouer très, très bien », avertit le protégé de Javier Piles. Dans la forme de sa vie, il n’a pas perdu un set lors de la quinzaine. Son plus long match (2h05 contre Lopez au 3e tour) correspond, peu ou prou, au plus court de Nadal (1h56 contre Wawrinka en quart). Une fraîcheur physique et mentale indispensable au moment d’affronter un adversaire qui l’avait violemment éjecté de l’édition 2012 (6-2, 6-2, 6-1 en demi-finale). « J'aimerais bien faire, jouer un match digne d'une finale d'un Grand Chelem, confie le Valencian. Je ne veux pas me montrer euphorique avant l’heure, me dire : je suis arrivé en finale, c'est bon. Non. »

A 31 ans, Ferrer a une occasion en or d’entrer dans le cercle fermé des vainqueurs de Grand Chelem espagnols. Et rejoindre ainsi son adversaire, Gimeno, Bruguera, Moya, Costa et Ferrero. Pour ce faire, il pourra compter sur son excellent retour mais devra surtout faire mentir les chiffres. Pendant que Nadal a gagné 20 de ses 21 derniers matches contre des membres du Top 10, le lauréat des tournois d’Auckland et de Buenos Aires cette saison ne trouve plus la solution face aux Top 5 depuis neuf rencontres. « Rafa et moi  avons amélioré notre jeu. Mais Rafa est évidemment le favori sur le titre de Roland Garros cette année », concède-t-il d’ailleurs sans peine. Un costume qu’enfile sans rechigner l’homme de Majorque : « Si je joue bien mon coup droit de gaucher, cela pose problème à tout le monde, avance Nadal. Si j'arrive à être très agressif, bien dans le court, normalement, cela fait mal. »

Nadal pour un grand huit inédit

Une douleur qu’a connue Ferrer à trois reprises cette saison. Sur l’ocre d’Acapulco, de Madrid puis de Rome, il a rendu les armes chaque fois. Mais ces deux derniers duels ont donné lieu à des parties accrochées en trois sets. Plus que deux joueurs espagnols, une première depuis 2002 et un match Costa-Ferrero, cette finale met aux prises les deux meilleurs bilans du circuit en 2013. Dans ce classement aussi, Nadal domine son compatriote. Sur le court Philippe-Chatrier, Ferrer a l’occasion de ne plus être l’éternel dauphin. Rafa, lui, cherche à être seul au monde.

Vidéo : Nadal : "La seule chose qui compte, c'est gagner Roland-Garros"

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Jerome Carrere