Nadal Federer Roland-Garros trophées 2011
Rafael Nadal, aux côtés de Roger Federer | AFP

Nadal - Federer, un duel déjà légendaire

Publié le , modifié le

Rafael Nadal à Roland-Garros, c'est 45 victoires sur 46, six finales, six titres. A seulement 25 ans, l'enfant de Manacor vient d'entrer au Panthéon des Internationaux de France, et a fortiori du sport en général. Mais si cette performance reste remarquable, elle l'est d'autant plus qu'elle a été réalisée face à celui que beaucoup considèrent comme le plus grand joueur de tennis de tous les temps, Roger Federer.

Ce n'est pas pour rien que Nadal n'a de cesse de répéter qu'il admire Federer. Mais si le N.1 mondial est si élogieux vis-à-vis du Suisse, c'est qu'il sait mieux que personne que son destin, et son palmarès, sont liés à ceux de Federer. Les deux joueurs se sont rencontrés à 25 reprises, dont la dernière pas plus tard que dimanche... A 17 reprises, le Majorquin a eu le dernier mot face à celui que l'on peut définir comme son meilleur rival. Et le plus impressionnant n'est pas tant le nombre d'affrontements entre les deux hommes, mais le nombre de finales qui les ont opposés. Sur 25 matches, pas moins de 19 finales ! A l'exception d'un seul huitième de finale, lors de leur tout premier duel (victoire de Nadal à Miami en 2004), Nadal et Federer n'ont disputé ensemble que des finales ou des demi-finales (5), ce qui s'explique par le fait qu'ils ont la plupart du temps occupé les deux premières places du classement ATP, et donc été orientés vers les deux parties des tableaux.

Sur ses six finales victorieuses à Roland-Garros, Nadal en a disputé quatre face à Federer (2006, 2007, 2008, 2011), sans oublier une demi-finale en 2005. Au-delà des résultats de l'Espagnol, lorsque les deux joueurs se retrouvent vers la Porte d'Auteuil, Federer porte visiblement chance à Nadal. Faut-il rappeler que si ce dernier a pu garder son statut de N.1 mondial, c'est bel et bien grâce au Suisse, qui a sorti dans un match d'anthologie, un Novak Djokovic jusqu'alors invincible cette saison. Et inversement, si Federer a pu remporter son unique titre à Roland-Garros, c'est en partie parce que l'Espagnol a connu une défaillance face à Robin Soderling en 2009, alors qu'il ne se trouvait qu'en huitièmes de finale.

Mais Roland-Garros n'a pas été le seul terrain de jeu de ces deux grands artistes. S'il a souvent buté aux Internationaux de France, alors qu'il avait déjà tout gagné partout ailleurs, Federer sait que Nadal en est la principale raison. Mais ces affrontements ont commencé à prendre une toute autre dimension, lorsque Nadal a commencé à titiller le Suisse sur les autres tournois du Grand Chelem. Véritable chasse gardée du natif de Bâle, le tournoi de Wimbledon (dont il compte six victoires) a commencé à lui échapper lorsque Nadal y a remporté dans un duel épique face à Federer, son premier trophée sur le gazon londonien, en 2008. Depuis cette date, Nadal va poursuivre son ascension, remportant au passage l'Open d'Australie (2009) face à Federer, puis Flushing Meadows, l'année suivante.

"Je ne souhaite pas être forcément le meilleur joueur de l'histoire. Je suis parmi les meilleurs, c'est vrai. Cela me suffit", a estimé Nadal avec l'humilité qui le caractérise. Il le sait, Federer possède un jeu bien plus complet et surtout plus esthétique que le sien, mais il sait aussi qu'il n'a que 25 ans (contre bientôt 30 pour son rival) et que l'avenir dira si son palmarès n'a rien à envier à celui de Federer. Il sait également que sur la durée, son jeu qui est basé sur un physique hors-norme risque de l'user bien plus rapidement... Avec l'éclosion de nouveaux talents, et surtout l'arrivée au premier plan d'un Novak Djokovic, ce 5 juin 2011, a-t-il marqué la fin de cette longue période de concurrence ? Ce qui est certain, c'est qu'à l'image des duels Borg-McEnroe, Edberg-Becker, ou encore Sampras - Agassi, la saine rivalité entre Nadal et Federer fait d'ores et déjà partie de la légende du tennis mondial.

Romain Bonte