Na Li
La Chinoise Na Li, finaliste à l'Open d'Australie en début d'année et désormais à Roland-Garros | AFP - Miguel Medina

Na Li élimine Sharapova en demi-finale

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Victorieuse en Australie, à Wimbledon et à l'US Open, Maria Sharapova ne s'imposera pas pour la première fois de sa carrière à Roland-Garros. En demi-finale des Internationaux de France, très gênée par le vent violent et par son adversaire, la tête de série N.7 a été dominée par la Chinoise Na Li (N.6) 6-4, 7-5. Septième mondiale, celle-ci poursuit sa balle saison, elle qui se trouvait déjà en finale de l'Open d'Australie en janvier.

C'était peut-être l'occasion de sa vie. Vu l'énorme quantité de favorites tombées avant les demi-finales, Maria Sharapova pouvait espérer enfin décrocher le dernier titre du Grand Chelem qui manque à son palmarès. Mais même les plus belles machines peuvent s'enrayer avec un grain de sable. Et si la terre-battue du court Philippe-Chatrier s'est souvent envolée en cette après-midi, c'est de la faute du vent violent, qui a participé grandement à la déstabilisation de la Russe, et notamment de son service. En plus, l'ancienne N.1 mondiale a dû faire face à une adversaire gonflée par les victoires précédentes. Méconnue du grand public, Na Li arrivait en demi-finale auréolée notamment de ses victoires sur Kvitova (N.9 et Azarenka (N.4) en 8e et en quarts de finale, mais aussi de ses demi-finales à Rome et Madrid, ou encore de sa victoire à Sydney et de sa place de finaliste au dernier Open d'Australie. C'était donc l'une des filles en forme du moment, et elle l'a rapidement montré.

Dès le premier jeu, les deux femmes laissaient aux vestiaires leur fébrilité pour se lancer avidement dans la bataille. Sur sa deuxième occasion, Na Li subtilisait le service advse pour mener (2-0). Restant bien campée sur sa ligne, dictant le jeu grâce à un coup droit non seulement puissant mais précis, elle profitait également de fautes directes de son adversaire, qui bénéficiait de trois balles de break au jeu suivant sans parvenir à les concrétiser au tableau d'affichage. Maria Sharapova devait même attendre 19 minutes pour inscrire son premier jeu (3-1), alors que le vent forcissait sur le court Central de Roland-Garros. Avec son grand lancer de balles, cette nouvelle donne la perturbait, notamment au service où elle commettait sa première double-faute pour offrir une balle de (5-1), effacée par un retour dans le filet. A (4-2), les deux adversaires s'échangeaient leur engagement, la Russe étant la plus pénalisée avec trois doubles-fautes dans ce huitième jeu qui aurait pu lui permettre d'égaliser à 4-4. Il en était de même à (5-4), mais une double-faute (la cinquième du set) et surtout un coup droit heurtant la bande du filet avant de sortir après un échange terrible pour la Chinoise totalement à l'agonie, offraient la manche à Na Li (6-4) après cinquante minutes de jeu.

Le premier jeu du deuxième set semblait asseoir la supériorité chinoise, puisqu'elle menait 40-0 sur son service, mais elle était à son tour rattrapé par les tourments d'Eole, commettant une double-faute, sa première de la rencontre, pour donner un nouveau break à la Russe (1-0). Remise en selle, Maria Sharapova maintenait le cap pour mener (4-3), non sans avoir encore commis une paire de doubles-fautes dans le cinquième jeu sans que cela prête à conséquences. Mêmes erreurs, mais cette fois conséquences pour la tête de série N.7, débreakée pour une égalité (4-4). Et à (6-5), elle commettait de nouveau l'irréparable, sur la première balle de match, pour enregistrer une dixième double-faute, une de plus, une de trop. Après 1h48 de jeu, Na Li s'ouvrait les portes de la finale de Roland-Garros. Première joueuse (hommes et femmes confondus) du continent asiatique à se qualifier en finale d'un tournoi du Grand Chelem en Australie en début d'année, elle est la première à le faire à deux reprises consécutivement, avec une chance énorme de devenir la première à être couronnée.

Un petit tressautement derrière le pupitre, voilà tout ce que Maria Sharapova laissera paraître de sa frustration, et surtout de son impatience de voir l'exercice de la conférence de presse prendre fin. Sans paraître éprouvée physiquement, elle voulait surtout minimiser la portée de sa défaite: "Oui, je suis déçue. J'aurais aimé gagner. Je peux perdre, mais je crois en mon jeu. C'est vrai que j'ai gagné les trois autres tournois du Grand Chelem, et pas celui-là. Mais si je gagne un autre Grand Chelem, peu importe où, c'est ce qui compte. Ce n'est pas nécessairement les quatre que je veux gagner." Après avoir renversé des situations bien difficiles dans ce tournoi comme lors de son 2e tour contre Caroline Garcia, la Russe se félicitait de cette place de demi-finaliste, "un très bon résultat ici", précisant que "cela faisait longtemps que je n'avais pas atteint ce niveau en Grand Chelem". Et de reconnaitre la supériorité adverse: "Son match a été très bon. Elle a joué beaucoup mieux que moi, elle a été plus solide, plus forte. Et elle a mieux joué les points importants. J'ai eu des chances à saisir dans le premier set, mais je ne suis pas rentré dans le court, et j'ai fait des fautes directes. Cela donne forcément confiance à l'adversaire. Elle jouait tellement fort, tellement en profondeur..." Quant à son instabilité au service, elle expliquait: "Etant donné les conditions, je me suis dit que sur les deuxièmes balles, il fallait que je passe en force. Ce n'était pas ça."