Andy Murray
Andy Murray au service | THOMAS COEX / AFP

Murray : "Maintenant je sais que je peux prendre du plaisir"

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Le sentiment du devoir accompli n'empêche pas la déception. Celle d'Andy Murray est très grande après sa défaite face à Rafael Nadal en demi-finale de Roland-Garros 6-4, 7-5, 6-4. L'Ecossais n'avait jamais "eu le sentiment de si bien jouer sur ce tournoi jusqu'à aujourd'hui". De quoi lui donner confiance avant le début de la saison sur herbe et son tournoi "à domicile" Wimbledon.

Q : Vous avez dit il y a deux jours que tout était question de patience et de savoir saisir son opportunité au bon moment. Pensez-vous que votre tactique était bonne ?
R : « Le match était très disputé, il y a eu des jeux très longs, des jeux de service qui étaient très très disputés, très serrés. Je pense avoir bien joué. Tout le monde a l'air de penser que c'est facile, que contre Rafa, il suffit de monter au filet ou de sortir des gros coups. Il faut savoir être très patient et quelquefois, je n'avais pas la balle que je souhaitais avoir. Quand j'avais la balle que je souhaitais avoir, j'ai fait quelques erreurs. C'était un match très serré. Il a mieux joué que moi aujourd'hui, c'est la différence. »

Q : Vous dites que vous avez bien joué contre lui mais à votre avis, quelle est la clé, qu'est-ce qui fait la différence ? Est-ce la terre, la surface ?
R : « Il y a trois ou cinq semaines, au début de la saison sur terre battue, personne n'aurait pensé me voir dans cette position. Je suis très heureux d’être dans cette position aujourd'hui. Rafa joue mieux que moi sur terre battue, c'est un fait et cela a toujours été le cas depuis que l'on a commencé tous les deux. J'ai l'impression que l'écart s'est resserré, de m'être beaucoup amélioré sur terre. En tout cas, je suis bien meilleur que l'année dernière. Il me reste encore du chemin à faire pour être aussi bon que lui, et c'est le cas de beaucoup d'autres joueurs sur le circuit. J'ai besoin de travailler sur certains coups, je vais le faire pour l'année prochaine. Maintenant, je vais me concentrer pour gagner contre lui ou Djokovic sur herbe, c'est un autre combat. »

Q : Avez-vous été gêné par le vent qui a soufflé sur le court Chatrier ?
R : « Au début du match, il y avait beaucoup de vent. Il y a eu 2 ou 3 fois, au début du second set je crois, où j'étais sur le point de faire un break. On était à quelques points et tout à coup, il y a eu une espèce de bourrasque de vent, et la terre m'est venue dans les yeux. C'était difficile. À quelques instants, sur des moments cruciaux pour moi, cela n'aurait pas forcément changé la physionomie du match. Cela a peut-être changé la manière dont j'aurais voulu jouer certains points, des points de break. Les conditions étaient difficiles pour tous les deux. Je suis sûr qu'il aurait aussi voulu jouer d'autres points mieux. Dans l'ensemble, c’était un très bon match. »

Q : Qu'est-ce que cela fait de jouer Nadal sur cette surface, ici à Roland-Garros ?
R : « J'ai le sentiment que les balles ont aidé son jeu. Il va plus vite. Je n'avais pas joué dans ces conditions avant et là, ses balles rebondissent beaucoup. Mais comme le court est très grand, on peut prendre du recul pour les laisser rebondir. Quand il commence à vous faire courir, vous avez l'impression qu'il a beaucoup d'espace et qu'il vous fait bouger d'un bout à l'autre du court, en avant, en arrière. Il peut vous repousser très loin au fond du court parce qu'il a des coups très durs. C'est vraiment un joueur incroyable, l'un des meilleurs joueurs que j'ai jamais rencontré sans aucun doute, le meilleur joueur sur terre battue. Les matchs contre lui sont toujours difficiles ici. »

Q : C'est votre meilleure saison sur terre battue cette année. Pensez-vous que cela va vous aider pour passer sur herbe et aller à Wimbledon ?
R : « Oui, c'est évident que c'est la meilleure saison pour moi sur terre. Jusqu'à présent, j'ai eu de bons résultats mais je le sentiment que j'ai beaucoup mieux joué. Lorsque j'ai joué contre Rafa ou Novak, je n'ai pas eu le sentiment de ne pas être à ma place. Auparavant, quand je jouais contre Rafa, je me déplaçais mal, je ne savais pas où allaient les balles… Enfin ses balles de tennis, j'entends. J'ai le sentiment de jouer beaucoup mieux. Je vais prendre le positif de tout cela pour aborder la saison sur herbe. Je sais également qu'il va falloir travailler pour la saison gazon. J'ai hâte de revenir sur les courts d'entraînement. »

Q : Malgré cette défaite, quel est le sentiment qui va dominer ? La joie d’être allé si loin et de n’avoir perdu que contre le meilleur joueur ou la déception ou un peu des deux ?
R : « Oui, maintenant je suis très déçu. Quand je repense à ce que j'avais dans la tête il y a 5-6 semaines, l'idée de revenir en France et de bien jouer au tennis, si on m'avait dit que j'arriverais à ce niveau, j'aurais pris tout de suite. Je n'ai pas eu le sentiment de si bien jouer sur ce tournoi jusqu'à aujourd'hui. C'est bon, cela me donne beaucoup de confiance pour la saison sur terre l'année prochaine. Pour l'instant, je suis déçu mais c'est quand même la surface qui m'a donné le plus de fil à retordre dans le passé. Maintenant, je sais que c’est une surface sur laquelle je peux prendre du plaisir. Je vais aller sur gazon, c’est une surface que j'apprécie beaucoup même si tout le monde est un peu fatigué. »