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Moscou accueille le monde

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Moscou est en état de fébrilité avancé alors que la Russie s'aprête à accueillir à partir de samedi les championnats du monde d'athlétisme, premier grand rendez-vous d'envergure organisé à Moscou depuis les Jeux Olymiques de 1980, en attendant les JO d'hiver de Sotchi et le Mondial-2018 de football. Autant dire que ces Mondiaux seront plus qu'une répétetition générale.

Un passé sulfureux

Car la la principale interrogation qui a accompagné le choix de la Russie  pour ces Mondiaux d'athlétisme tenait moins à ses capacités d'organisation qu'à  la politique menée par ses responsables en matière de lutte contre le dopage. La Russie a encore du mal à se débarrasser de l'image désastreuse en la  matière de l'ancien empire soviétique. Certaines voix au sein du monde de l'athlétisme  ont même ouvertement  questionné le bien-fondé de l'organisation de ces Mondiaux par la Russie. Ces derniers mois, près de 40 athlètes russes ont été suspendus pour  dopage, et parmi eux quelques grands noms, comme la championne olympique 2004  du marteau Olga Kuzenkova et la médaillée d'argent des JO-2012 au disque Daria  Pishchalnikova, cette dernière suspendue 10 ans pour récidive.

Derrière ces chiffres impressionnants se cache surtout un volontarisme  nouveau, assure cependant le président de la Fédération russe, Valentin  Balakhnichev. "Il y a trois ans, l'Agence nationale russe contre le dopage (Rusada) a vu  le jour,.Cela démontre une réelle volonté. Et cela a radicalement   changé la situation car le ministère russe des Sports a augmenté le niveau d'équipements techniques du laboratoire antidopage de Moscou pour lui permettre d'atteindre les standards les plus hauts et d'avoir du personnel très qualifié. Maintenant, nous sommes payés en retour, car le laboratoire est capable de  faire des tests, mais contribue aussi à la recherche sur des méthodes d'analyse  employées dans le monde entier", a-t-il ajouté.

Une envie de bien faire

Reste le deuxième volet, celui de l'organisation. Pour l'heure les structures d'accueil semblent prêtes et fonctionnelles, même si du fait même de la densité de la ville -première métropole d'Europe- les déplacements sont longs et compliqués, ce que déplorent certaines délégations. Il reste aussi un effort à faire sur la signalétique et l'accès au stade. Mais sans doute que les tous derniers retours qui leur parviendront donneront matière à réflexion aux organisateurs.

L'ancien champion d'escrime Kolovkov, qui travaille aujourd'hui au ministère des Sports se veut rassurant:  "C'est l'un des plus grands événements sportifs. Nous avons évidemment été informés de tous les éléments que nous faire remonter concernant l'organisation et nous avons fait ce qu'il fallait. Il y a beaucoup de choses auxquelles penser. Nous avons essayer de résoudre tous les problèmes. Et nous allons non seulement démontrer notre sens de l'hospitalité, mais nous allons aussi prouver notre expertise dans l'organisation des grandes compétitions"

Alors que les choses sérieuses vont commencer, Kolobnov invite ses compatriotes à venir au stade pour donner de l'ampleur à l'événement: "Pour bien comprendre l'athlétisme, pour sentir ce sport, il faut le suivre assidûment. La meilleur façon de le regarder, c'est depuis les gradins, pour sentir l'ambiance, l'intensité dramatique, la concurrence, et le triomphe des vainqueurs !" Avec autant d'emportement dithyrambique le stade Loujnicki, a n'en pas douter, fera le plein.

 

Christian Grégoire