L'IAAF montre les crocs face au dopage
Après de premières affaires l'IAAF avait pris des mesures pour lutter contre le dopage | AFP - MYCHELE DANIAU

Moscou 2013 - L'IAAF et la manière forte contre le dopage

Publié le , modifié le

Loin de jouer la politique de l'autruche, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a depuis de longues années adopté la manière forte pour combattre le dopage, ce qui sera encore le cas aux Mondiaux de Moscou qui débutent samedi. Les dernières semaines ont éprouvé l'image de marque de l'athlétisme, avec les contrôles positifs des stars Tyson Gay et Asafa Powell. Mais elles n'ont en rien affaibli la volonté des dirigeants de l'athlétisme mondial de lutter contre le dopage.

Les Russes, avec près de 40 cas, et les Turcs, encore 31 cas lundi, ont ainsi durement été sanctionnés ces dernières semaines. Comme le cyclisme, précurseur sur certains points, l'athlétisme a pris  depuis de nombreuses années des mesures-phares, comme par exemple la conservation pendant plusieurs années des échantillons prélevés sur et en dehors des compétitions. C'est ainsi que de nombreux podiums ont été récemment revisité aux Mondiaux d'Helsinki en 2005, ou aux jeux Olympiques 2004, 2008 et 2012. Les Mondiaux 2013 ne feront pas exception à la règle de fermeté, avec une  approche ressemblant fort à celle adoptée lors du précédent rendez-vous mondial à Daegu en 2011. Les échantillons de sang de tous les participants avaient été collectés il  y a deux ans, et ce sera encore le cas à Moscou dans le cadre du passeport biologique, soit plus de 2000 athlètes.

Prises de sang pour les Jamaïcains

"Comme ce fut le cas à Daegu, ces contrôles concerneront toutes les disciplines d'athlétisme et un large faisceau de biomarqueurs du dopage. Les analyses cibleront non seulement les marqueurs indicatifs de l'usage d'EPO ou  de manipulation sanguine dans les disciplines d'endurance, mais également ceux pouvant indiquer l'usage de stéroïdes ou de l'hormone de croissance dans les autres disciplines de force et de vitesse", explique la Fédération internationale. Et la recherche a commencé dès lundi, avec des prises de sang pratiquées  sur Bolt et l'ensemble de la délégation jamaïcaine (44 athlètes), à leur camp d'entraînement de Moscou.

Bien évidemment, si des anomalies sont constatées, des contrôles ciblés pourront être menés spécifiquement durant la compétition ou en dehors. Et les éléments collectés serviront de preuve le cas échéant si le profil complet d'un athlète trahissait son comportement dopant. Par ailleurs, environ 500 échantillons d'urine seront prélevés à Moscou et viendront s'ajouter aux prises de sangs précitées. Et comme par le passé depuis Helsinki 2005, ces échantillons "feront l'objet d'une conservation longue durée  en vue d'éventuelles futures analyses à la faveur des progrès scientifiques en matière de détection", explique l'IAAF. La fédération internationale précise également que les analyses s'effectueront à Moscou "sous la supervision des experts scientifiques mandatés  par l'IAAF", avec notamment un responsable du laboratoire antidopage de Lausanne, accrédité par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

AFP