Christophe Moreau Caisse d'Epargne portrait Tour de France 2010
Christophe Moreau | AFP - Nathalie Magniez

Moreau :"Ma quête du maillot à pois est légitime"

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Passé en tête du col de l’Aubisque et donc récompensé par 40 points au classement des meilleurs grimpeurs, Christophe Moreau a de nouveau été aux avant-postes lors de la 16e étape courue sur 199,5km entre Bagnères de Luchon et Pau. Lancé dans le sprint final avec notamment Fedrigo (BBOX), Armstrong (RadioSchack), Casar (FDJ) et Cunego (Lampre), le coureur de la Caisse d'Epargne a pris une belle 8e place.

Comment s’est passée cette 16e étape ?
"Je voulais prouver que je n’étais pas un abruti et que ma quête pour le maillot à pois n’était pas illégitime. J’étais très fatigué mais c’est vrai qu’en haut des cols, je suis un peu filou. C’est l’expérience d’avoir cotoyé Richard Virenque. Quand on a le moral, et même si on est fatigué, on fait de belles choses. C’était une journée difficile mais une belle journée quand même."

Le maillot à pois reste un objectif pour vous ?
"Qu’est-ce que j’ai à perdre ? Je vais continuer à aller chercher les points et à me battre comme aujourd’hui, comme un chiffonnier. Je crois que c’est comme ça qu’on a envie de me voir une dernière fois sur le Tour. Je raccroche à la fin de l’année, c’est donc bien de sortir comme ça, en se faisant plaisir, en étant à l’attaque et en passant en haut des grands cols mythiques. Honnêtement, je me suis fait vraiment plaisir. Maintenant je vais me reposer."

Aujourd’hui, Pierrick Fédrigo a signé la 6e victoire française de ce Tour 2010.
"C’est bien pour le cyclisme français. Je crois qu’on le mérite. On manque d’un coureur au classement général mais sur les courses d’un jour, on est assez fort. Cette sixième victoire en est la preuve. On peut s’en féliciter."

Est-ce que ça fait bizarre de voir Lance Armstrong à ses côtés dans une échappée ?
"C’est bizarre dans le sens où il nous fait moins mal qu’avant. On est vieillissant, on s’est fait plaisir. Lui aussi avait envie de faire une belle échappée aujourd’hui. On s’est lancé dans le boulot et là, il m’a dit : "Christophe, je suis mort !" et je lui ai répondu : "Tu sais, moi aussi !" On a fini un peu râpés mais c’était pour l’intérêt du classement par équipe. Il y avait deux RadioShack et deux Caisse d’Epargne, c’est un peu la "guéguerre". Mais être avec Armstrong dans une échappée est toujours glorifiant."

C’était un joli baroud d’honneur.
"Oui. J’avais dit depuis les Alpes que je referai une opération. Aujourd’hui, c’était l’étape idéale, il fallait trouver l’opportunité. C’est parti très, très fort. Je crois qu’après avoir souffert dans l’Aspin, je me suis lancé dans le Tourmalet, j’ai essayé de trouver mon rythme et c’était la bonne solution."

Est-ce que vous n’auriez pas aimé que Ruben Plaza se sacrifie à la fin pour que vous reposiez un peu les jambes pour le sprint ?
"Est-ce que j’aurais gagné ? Je n’en sais rien. Fédrigo est allé très vite et le plus fort a gagné. Bravo Pierrick !"

On a senti qu’il y avait une vraie guerre pour le classement par équipe.
"C’est une guerre intestine. Brunyel l’a dit ouvertement : il veut que RadioShack soit premier par équipe aux Champs-Elysées. Et il faut bien avouer qu’il ne nous lâche pas les basques !"

Isabelle Trancoën