Gaël Monfils et Tomas Berdych
Gaël Monfils et Tomas Berdych lors de la finale à Montpellier en 2012 | AFP - PASCAL GUYOT

Monfils, un défi à son goût

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Descendu au 109e rang mondial, sans entraîneur depuis qu'il a quitté Winogradsky voici quinze jours, Gaël Monfils se trouve dans la peau du challengeur inattendu à Roland-Garros. Il adore endosser ce statut. Face à Tomas Berdych, 6e mondial, vainqueur de Djokovic à Rome et Murray à Madrid, qu'il n'a jamais battu en trois matches, toutes les statistiques seront contre lui. Raison de plus pour croire en ses chances.

Presque tous les éléments sont contre lui. Gaël Monfils aurait voulu, il n'aurait pas pu mieux faire pour aborder Roland-Garros en position de victime annoncée du 1er tour. Sa saison 2012 constellée de blessures, sa séparation avec Patrick Chamagne à la fin, son début d'année 2012 encourageant suivi d'un trou noir, entre défaites précoces et retrait du circuit, l'ancien 7e mondial a plongé. Manque de confiance, manque de résultats, le cocktail était idéal pour le mener en pleine déroute, voire même à une absence sur les courts de la porte-d'Auteuil.

Mais au dernier moment, la semaine où les organisateurs annonçaient les noms des joueurs invités pour Roland-Garros, il est sorti de sa boîte. Une victoire dans le tournoi Challengeur de Bordeaux en battant au passage Edouard Roger-Vasselin, David Goffin et Michael Llodra, voilà comment il avait fêté sa wild-card. La même semaine, il officialisait sa séparation avec Eric Winogradsky, venu lui prêter main forte au nom de la FFT jusqu'à Wimbledon, mais remercié avant l'échéance française. De nouveau seul, Monfils devait encore se reposer sur lui-même. Et cette semaine, il a enchaîné avec un joli parcours à Nice, en se défaisant notamment de Giraldo (78e), Fognini (29e), Haase (69e) pour s'offrir sa première demi-finale sur le circuit principal depuis le tournoi d'Auckland en janvier. Voire mieux s'il dispose d'Andujar cet après-midi.

Berdych, trois matches et trois victoires

Avec ce supplément de confiance né de ses succès, avec un rythme retrouvé, Gaël Monfils a repris de belles couleurs. A l'aise sur terre-battue, une surface qui lui laisse le temps de livrer bataille en fond de court en imposant son jeu physique, il arrive à Paris avec l'essentiel, et toujours un coeur énorme pour satisfaire le public, voué à sa cause. En face de lui, dès le 1er tour, il aura l'une de ses bêtes noires: Tomas Berdych. En trois matches, il ne lui a pris un set qu'une seule fois, à Montpellier en finale l'an dernier. Lors de leur seul duel sur terre, le Tchèque l'avait laminé (6-1, 6-1) à Madrid en 2012. Mais c'était alors le début d'une longue éclipse du Français, qui avait fait une croix notamment sur Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open. 

En fait, Berdych pourrait être l'adversaire idéal pour Monfils. S'il a atteint les demi-finales à Roland-Garros en 2010, s'il a été jusque dans le dernier carré à Madrid et Rome ces dernières semaines, cette surface n'est pas celle qui met le plus son jeu en exergue. Sa puissance demeure une de ses forces, notamment au service. Mais Gaël Monfils dispose à peu près des mêmes armes, avec des qualités physiques supérieures. Et même s'il s'est arrangé de ce côté, le Tchèque n'est pas un exemple de patience, ni un joueur qui apprécie d'être mis à 3m de la balle. Or, ce sont là les grandes qualités de son adversaire du 1er tour. 

Reste la plus grande inconnue dans le camp du Français: sa capacité physique à enchaîner une troisième semaine de tournoi, avec un match au meilleur des cinq sets. 

Vidéo : Le tirage au sort de Roland-Garros

 

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