Amaël Moinard (BMC)
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Moinard, le petit frenchie de BMC

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Après six années passées dans les rangs de la formation Cofidis, Amaël Moinard porte désormais les couleurs de l’équipe américaine BMC. Des couleurs auxquelles il va essayer de faire honneur pour sa 4e participation au Tour de France. Discret depuis le départ, il attend avec impatience la montagne pour exercer pleinement son rôle : "épauler l'Australien Cadel Evans".

Quand on passe autant de temps dans une équipe, elle se transforme forcément en famille. Mais après six ans de cohabitation, Amaël Moinard a choisi, l’été dernier, de couper le cordon avec la Cofidis. « Ce n’était pas une décision facile à prendre, confie-t-il après avoir déjà passé quasi une année aux côtés de Cadel Evans et consorts. Je suis parti dans l’inconnu. Il a fallu que je me familiarise un peu plus avec l’anglais. En plus, je ne connaissais personne dans cette équipe. Mais j’avais besoin d’un nouveau challenge pour avancer. » Ce nouveau challenge lui réussit d'ailleurs plutôt bien au vu de son grand sourire. Et pour cause ! L’intégration s’est faite sans accroc. « C’est compliqué de ne pas s’intégrer dans cette équipe, estime le coureur normand. L’ambiance y est très sympa, cosmopolite et puis il y a pas mal de jeunes coureurs ».

Même son de cloche du côté de John Lelangue, directeur sportif chez BMC : « C’est quelqu’un qui s’est rapidement intégré, grâce notamment aux deux camps d’entraînement que l’on a fait tous ensemble. (…) On avait beaucoup discuté avec lui avant de le recruter. Il nous intéressait pour faire l’équipier sur les grands tours et notamment sur le Tour de France. Il a le gros avantage de parler anglais. C’était important car notre langue de travail, dans le bus et lors des briefings, c’est l’anglais ». Sportivement parlant, Lelangue ne semble pas regretter son choix : « Amaël a prouvé au fur et à mesure de son programme, depuis Paris-Nice notamment, qu’il a vraiment sa place d’équipier dans le noyau rapproché de Cadel Evans ».

Si pour le moment, il a été plutôt discret, on devrait le voir plus en deuxième semaine. A l’approche de la montagne. « Cette semaine, vu le profil des étapes, on a préféré faire rouler l’équipe des Classiques, explique John Lelangue. Mais Amaël avait malgré tout un rôle important, celui est de venir prendre les bidons et surtout de faire la première partie de course quand il faut rouler. » Et d’ajouter : « A partir de demain, il va être de plus en plus sollicité. La montagne, c’est là qu’il va entrer en action ». Le but ? « Epaulé Cadel Evans », résume Amaël Moinard. Une mission pour laquelle Jonh Lelangue a entièrement confiance en lui : « Il est en pleine forme. Il a eu un bon programme pour monter en puissance, il arrive assez frais sur le Tour de France. Et puis, c’est toujours bien d’avoir un Français dans le groupe car il entend et comprend des choses. »

Pour Amaël Moinard, avoir quitté Cofidis pour la BMC change résolument l’approche qu’il a du Tour de France. « Avec une équipe française, on aborde le Tour en espérant une victoire d’étape tandis qu’avec BMC et Cadel Evans, on vise la victoire finale. Du coup, il faut être plus pointu et plus minutieux dans la préparation des étapes. » Au-delà de la préparation, Amaël Moinard a trouvé au sein de sa nouvelle équipe une aide précieuse. « Courir aux côtés de Cadel Evans ou de George Hincapie, au départ ça impressionne pas mal. Mais c’est bien car j’apprends beaucoup de leur expérience, je vois comment ils se faufilent dans le peloton. » Et de conclure dans un large sourire : « C’est sympa de rouler avec des légendes du vélo. »

Isabelle Trancoën