Jo-Wilfried Tsonga
La danse des pouces de Jo-Wilfried Tsonga | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Match du jour : Ferrer-Tsonga, l'eau et le feu

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Opposé à l’Espagnol David Ferrer, Jo-Wilfried Tsonga a une occasion en or d’atteindre la finale de Roland-Garros. Une performance que n’a plus réalisée un Français depuis Henri Leconte en 1988. S’il évite Djokovic et Nadal en demi-finale, le Manceau a face à lui le 5e joueur mondial, spécialiste de la terre battue. Une force tranquille à laquelle le Tricolore devra opposer sa fougue et son impact physique.

« Oui, il peut être un vainqueur de Grand Chelem. » Pour Roger Rasheed, cela ne fait aucun doute dans les colonnes de l’Equipe. Jo-Wilfried Tsonga a le potentiel pour s’imposer en Majeur. Si l’entraîneur du Français ne s’aventure pas à miser sur son poulain dès ce Roland-Garros 2013, le public tricolore se prend lui à rêver. Trente ans ont passé depuis la victoire de Yannick Noah Porte d’Auteuil. Cinq ans plus tard, Henri Leconte ralliait la finale. Leurs successeurs n’ont jamais fait aussi bien, tombant toujours en demi-finale (Pioline, Grosjean, Monfils).

Ferrer n'a jamais vu une finale de Grand Chelem

Tête de série numéro 6 et 8e joueur mondial, Tsonga peut s’estimer heureux d’éviter les deux finalistes de la saison dernière. Alors que Nadal et Djokovic auront mené une bataille aux faux airs de finale, le Manceau s’attaque à un adversaire plus abordable. S’il compte cinq demi-finales en Grand Chelem, David Ferrer n’a jamais franchi cet écueil. Motif d’espoir pour l’Espagnol, il a toujours rendu les armes face à un Top 5, que ce soit Djokovic à trois reprises, Nadal ou Murray. Meilleur joueur du monde derrière les « Quatre Fantastiques », le protégé de Javier Piles a franchi un palier ces derniers mois. Vainqueur de son premier Masters 1000 à Paris-Bercy, il est pour la troisième fois consécutive dans le dernier carré d’un Majeur après ses demies à l’US Open en 2012 et à l’Open d’Australie en début d’année.

Une progression pour celui qui compte 20 titres sur le circuit ATP. Réputé pour sa constance, Ferrer compte onze 8e de finale et six quarts d’affilée dans les quatre tournois du Grand Chelem. « Cette année et l’année dernière ont été mes deux meilleurs tournois, affirme-t-il lui qui n’a pas encore perdu le moindre set dans cette édition 2013 des Internationaux de France. Quand tu arrives bien physiquement, tu peux mentalement être totalement motivé et tu arrives avec une envie de jouer. Tu es prêt pour jouer pendant 4 heures en 5 sets. » Son caractère tranquille et son goût pour l’effort ne lui offre pas la notoriété qu’il mérite.

Pourtant, il est le deuxième espagnol à avoir gagné le plus de matches du Grand Chelem (102 victoires) dans l’ère Open derrière Nadal. Et le seul avec le Majorquin et Ferrero à pouvoir se targuer d’avoir atteint six demi-finales en Majeur. Le Valencian sait ce qu’il lui reste à faire pour briser cette barrière. « Il va falloir que je joue très long et au maximum sur son revers. Quand il se met à bien servir et qu'il joue avec son coup droit, cela devient difficile », annonce la victime de Rafael Nadal au même stade de la compétition l’an dernier.

Tsonga pose sa patte sur le tennis français

Autre joueur en progression constante, Jo-Wilfried Tsonga. Premier Français de l’ère Open à s’offrir un quart de finale dans chaque tournoi du Grand Chelem, le Manceau n’a jamais semblé aussi fort. « Cela fait quelques mois que je fais beaucoup d'efforts. J'essaie vraiment de gérer ma carrière le mieux possible et j'attendais bien un peu de retour pour tout ce travail très dur et cet entraînement très dur que je fais chaque jour », confie JWT. Présent dans le dernier carré à Roland-Garros pour la première fois, il ne veut pas s’arrêter là. Pour connaître à nouveau le frisson d’une finale de Majeur (finaliste à l’Open d’Australie en 2008), le Sarthois sait pouvoir compter sur son service et son coup droit, destructeurs depuis son entrée en lice à Paris. Sans oublier l'appui d'un public prêt à porter son protégé jusqu'au graal. Spectaculaire, "Jo-Wil" n'hésite pas à haranguer la foule, à l'image d'un Gaël Monfils tombeur à deux reprises de... Ferrer sur l'ocre parisienne (2008 et 2011).

Preuve de cette solidité, il n’a jamais passé plus de 2 heures sur le court, même face à Roger Federer, balayé en trois sets et 1h51 de jeu. « Je rentrerai sur le court en ayant progressé, en étant motivé et avec 100 % de mes possibilités », confesse le leader du tennis français, bien mieux armé qu’auparavant. Petite ombre au tableau, le Tricolore n’a jamais battu deux Top 5 d’affilée dans sa carrière. Mais son adversaire reste sur cinq défaites consécutives contre des membres du Top 10. Demi-finaliste à Monte-Carlo et quart de finaliste à Madrid, Tsonga a prouvé cette saison qu’il était devenu un sérieux client sur terre battue. Le calme olympien qui l’habite depuis le début de la quinzaine ne fait que renforcer cette image de roc. « Je sais que l’on attend beaucoup de moi. Mais cela a commencé dès le début du tournoi et pas seulement pendant ce tournoi, confesse le vainqueur de dix tournois sur le circuit ATP. C'est tous les jours pareil et je suis habitué, ce sera simple pour moi. »

Pour marquer l'histoire

Pour la cinquième demi-finale en Grand Chelem de sa carrière, un record dans l’ère Open pour un Français, il est déterminé à faire tomber David Ferrer. Même s’il n’a jamais gagné un tournoi sur terre battue, contre dix à son adversaire (dont Buenos Aires et des finales à Estoril et Acapulco cette année), une victoire lui permettrait d’égaler un nouveau record. Il deviendrait le cinquième Tricolore à participer à deux finales de Grand Chelem. Avant de rejoindre Noah au palmarès des Internationaux de France?

Vidéo: avant Tsonga-Ferrer

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Jerome Carrere