Florent Manaudou
Le sprinteur Florent Manaudou au départ | AFP - JAVIER SORIANO

Manaudou, programmé pour le titre sur 50m

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Champion olympique à Londres l'an dernier sur 50m nage libre à la surprise générale, Florent Manaudou veut franchir un cap supplémentaire. A Barcelone, aux Mondiaux, il veut rester au sommet alors que tout le monde l'attend. Mais la concurrence est très féroce, même lors des séries qui débutent à 10h, où le Marseillais sera avec Frédréick Bousquet et le champion du monde en titre, Cesar Cielo.

C'est LE moment de Florent Manaudou. Depuis plusieurs semaines, il ne vise que ce 50m nage libre. Champion du monde avec le relais 4x100m tricolore dimanche dernier, huitième de la finale du 50m papillon lundi dernier, tout cela n'était que du menu fretin sur son chemin. Le 100m, il aimerait s'y consacrer à partir de l'année prochaine. Le 50 pap, il ne l'a pas travaillé. Cette année, à Barcelone, lors de ces Mondiaux, c'est le 50 nage libre, épreuve sur laquelle il est champion olympique en titre. "Je cherche la médaille d'or. Faire un podium, ce serait déjà super, mais c'est l'or qui m'intéresse", scande-t-il. "J'ai besoin de challenge". Celui qui se présente à lui est immense.

Une densité plus importante sur 50 que sur 100m​

Plus encore que sur le 100m nage libre, le 50 présente une densité exceptionnelle. L'Américain Nathan Adrian, champion olympique du 100m, a réalisé le meilleur chrono de la saison en 21"47. Juste derrière lui, il y a l'Australien James Magnussen, champion du monde sur 100m à Shanghaï et vice-champion olympique, qui a établi un temps de 21"52. Florent Manaudou arrive en troisième position avec son temps de 21"55, mais se trouve sous la pression du double champion du monde en titre, le Brésilien Cesar Cielo (21"57) déjà titré sur 50 papillon, et le Russe Vladimir Morozov (21"67), l'une des nouvelles terreurs du sprint. Et il ne faut pas oublier un Frédérick Bousquet, toujours recordman de France et d'Europe (en combinaison) en 20"94, et d'autres qui peuvent surprendre.

C'est bien pour cela que Romain Barnier, son entraîneur, estime que "si Florent arrive à s'extraire de cette course en la gagnant, ce sera  encore plus beau que l'an passé parce que la densité est plus forte". L'entraîneur en chef de l'équipe de France à Barcelone sait que tout va compter: "Maintenant c'est une histoire d'hommes qui va se jouer dans la chambre d'appel et un peu avant le start. La finale des Jeux Olympiques, Florent l'a gagnée un peu dans l'échauffement avant. Il s'est senti plus fort. Ca se travaille, je ne pense  pas qu'on y arrive par hasard".

"Sortir devant aux 15m"​

C'est en effet dans le travail que le benjamin des Manaudou s'est construit, prenant 15kg en deux ans: "Je n'étais pas à maturité en arrivant à Marseille, il fallait que je  grossisse encore. Le travail de 'muscu' a été très important, la nutrition aussi. Je pense que je suis arrivé à mon poids de forme, c'est-à-dire 99, 100 kg (pour 1,99 m). Pour la finale des Jeux je faisais 94 kg. J'ai pris beaucoup dans les  épaules et dans les jambes". Mais il reconnaît néanmoins ne pas faire particulièrement attention à son alimentation: "Je ne gère pas ma diététique. Je mange ce que j'ai envie de manger, et ça a toujours bien marché comme ça. Quand arrive la compétition, Romain (Barnier) sait que j'arrive à mon poids de forme." Entré dans les Mondiaux depuis dimanche dernier, ayant déjà nagé à trois quatre reprises, le Marseillais de 22 ans a eu tout le temps pour enlever les kilos superflus, et entrer dans la compétition.

Après la finale du 50 papillon, il avouait que "c'était quand même une finale mondiale", prenant à contre-pied son apparente décontraction et le fait qu'il dise régulièrement: "Je suis imperméable à la pression." Contrairement à Londres l'an dernier, il sera attendu. Il le sait: "Je suis l'un des favoris, mais pas le seul. Les 8 qui seront en finale peuvent gagner. Je suis content d'avoir fait ça l'an dernier, mais je reste humble. C'est juste le regard des gens et des adversaires en chambre d'appel qui changent." Sur 50 papillon, il était parti très vite avant de caler en fin de course. A Londres, sur 50 nage libre, il était parti très vite et avait tenu. "Le plus important est de sortir devant aux 15 mètres et là c'est peut-être ma taille qui joue aussi et mon explosivité", rappelle-t-il. "Ca ne nagera pas  21"5 en 2e place. Va falloir nager très, très vite pour gagner".

Florent Manaudou s'est préparé à livrer une grosse bataille. Il l'attend depuis longtemps. Elle est désormais face à lui.

Vidéo: Manaudou meilleur temps des séries