portrait Marc Madiot FDJ 01 2011
Marc Madiot, la patron de la FDJ | AFP - Joël Saget

Madiot prof d’humilité

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Vingt-huit Tour de France au compteur. Quinze de rang dans la voiture de la Française des Jeux. Marc Madiot est une figure incontournable du peloton. Une gueule qu’ont n’oublie pas et une voix qu’on écoute dans le landernau du vélo. A la veille du Grand Départ en Vendée, le patron de la FDJ ne change pas son crédo appris puis rabâché année après année, l’humilité.

« Ce sport, c’est l’école de l’humilité. On sait que la course peut basculer à tout moment. Si votre sprinteur chute dès la 2e étape, ça change tout. » Et Madiot de raconter sa razzia avec l’équipe Renault-Gitanes en 1984, la victoire de Fignon et les dix étapes pour les hommes de Guimard. « C’était la meilleure équipe de tous les temps. L’année d’après, nous étions tous là sauf Fignon. L’équipe n’était pas moins bonne mais la roue n’a pas tourné dans le bon sens et le Blaireau nous amis la pâté pendant trois semaines. On remet le compteur à zéro chaque matin, on a tous le même mal aux pattes et il faut retourner au charbon. »

Ce sont ces valeurs de travail et d’abnégation que Madiot essaie de transmettre à ses coureurs même s’il est conscient des limites de la portée d’un discours. « Les coureurs pédalent, coupe le Mayennais. Le discours n’est là que pour soutenir et encourager les coureurs. La spirale de la victoire, elle tient parfois à rien. Elle existe ou pas parfois pour quelques centimètres. Une année, nous avons fini quatre fois mais je n’avais rien à reprocher à mes gars. Au final, on avait fait un mauvais Tour… Pour les médias comme pour nous, un Tour réussi, c’est au moins une victoire d’étape. Et sur un Tour de France, il n’y a que vingt étapes, donc il n’y en aura pas pour tout le monde… »

Sans vue sur le classement général, Sandy Casar adhère au projet du boss sans sourciller. Malgré son statut, il ne souhaite pas endosser le rôle de leader de l’équipe, laissant chacun jouer sa carte. « On a de très bons coureurs pour briller tous les jours. Pour ma part, j’ai eu un début de saison mitigé. Même avec ma victoire dans Paris-Camembert, une course que j’affectionne, c’était compliqué. Je me cherche et je ne connais pas mon état de forme avant ce Tour. J’ai ciblé trois ou quatre étapes. » En fin stratège, Casar ne serait pas contre laisser filer rapidement un peu de temps. « Suivant les écarts, on peut avoir un bon de sortie… » Un bon vers la victoire ?