Théo Curin
Théo Curin lors de l'Open de France à Vichy en juillet 2016. | STEPHANE KEMPINAIRE / DPPI media

Théo Curin, le talent n’a pas d’âge

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Théo Curin ne perd pas de temps. A tout juste 16 ans, le jeune nageur rivalise avec les meilleurs de sa catégorie (S5). Ses performances lui ont même permis d’obtenir sa place dans la délégation française pour les Jeux Paralympiques de Rio qui démarrent dans quelques jours. Un rêve de gosse qui se réalise pour celui qui n’a pas encore atteint la majorité.

Ne vous fiez pas à son visage angélique, dans les bassins Theo Curin est redoutable. Vice-champion d’Europe du 200m nage libre, plusieurs fois champion de France du 50m dos, le Lunévillois incarne l’avenir de la natation handisport française. Sans prétention. Malgré l’agitation médiatique qui se joue autour de lui à l’approche des Jeux de Rio, le lycéen garde son calme, focalisé sur sa compétition et presque étonné d’être l’objet d’autant d’attention. Son histoire, forcément pas banale, vaut pourtant le détour.

Philippe Croizon, son mentor

Atteint d’une méningite bactérienne foudroyante, Théo se retrouve à six ans amputé des quatre membres. Le jeune garçon fait alors la connaissance de Philippe Croizon, premier quadri-amputé à avoir traversé la Manche en 2010, qui l'a aidé dans sa reconstruction : "Il m’a beaucoup aidé, m’a prouvé qu’il était possible de réaliser de belles choses malgré le handicap. Il est devenu mon mentor." Alors, en 2011, Théo se jette lui aussi à l’eau, au propre comme au figuré. Très vite, ses qualités de nageur sont repérées et le jeune garçon intègre le Pôle France handisport natation de Vichy deux ans plus tard avec en ligne de mire les Jeux de Tokyo en 2020. Le rythme est soutenu – 1h30 d’entraînement avant et après la journée de cours – mais ses efforts payent : il s’apprête aujourd’hui à participer à sa première olympiade, quatre ans plus tôt que prévu. "Philippe Croizon m’a toujours dit que si je m’entraînais dur, j’y arriverais. Ca a marché." Et si lui ne sera pas à Rio pour encourager son "mini-moi' comme il l'appelle, Théo pourra compter sur le soutien de sa famille qui sera du déplacement.

Benjamin de la délégation

Participer aux Jeux olympiques à son âge pourrait faire tourner la tête. Mais Théo garde la sienne sur les épaules, et aborde la compétition avec sérénité, conscient de ses capacités : "Je vais surtout là-bas pour apprendre et voir ce que je peux faire. J’ai peut-être quelque chose à jouer mais je ne me stresse pas avec ça." A Rio, il sera le plus jeune de la délégation française, "j’espère même être un peu le chouchou" glisse-t-il dans un éclat de rire. Mais le sérieux reprend vite le dessus : "J’ai envie de montrer aux autres athlètes Français que même si j’ai 16 ans je peux faire une performance." Aligné sur quatre courses, le jeune nageur fera son entrée dans l’eau le 8 septembre avec le 200m nage libre, sa spécialité. Et si à Rio, cette graine de champion écrivait les premières lignes de son histoire olympique ?