Stade olympique Londres 2012
Le Stade olympique de Londres 2012 | AFP-Dennis

Les handicapés mentaux reviennent aux Jeux paralympiques

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Des athlètes handicapés mentaux vont de nouveau participer aux Jeux paralympiques cet été à Londres. Une revanche après douze ans d'absence qui pourrait permettre à plusieurs Français de remporter des médailles.

S'il est déjà difficile pour les sportifs handicapés physiques de se faire connaître, la tâche est encore plus ardue pour le "sport adapté", spécifique au handicap mental et psychique. Il avait été chassé des Jeux en 2000 après une tricherie dans l'équipe espagnole: depuis, seuls les handicapés physiques (le "handisport") ont pu concourir, avant que les instances internationales acceptent de revoir leur  position.

"Il a fallu neuf ans pour revenir", raconte Marc Truffaut, vice-Président de la Fédération française de sport adapté (FFSA) et entraîneur de Daniel Royer, espoir de médaille en saut en longueur. Or "sans les Jeux, il n'y a rien, pas de reconnaissance du haut niveau" et donc pas de moyens, poursuit-il.

Une visibilité nécessaire

Cette "visibilité" est nécessaire, ajoute l'entraîneur: ces sportifs "font comprendre que le handicap mental n'est pas un frein à la pratique sportive". Deux cents athlètes handicapés mentaux ou psychiques - ils doivent avoir un  quotient intellectuel inférieur à 75 - vont ainsi rejoindre les quelque 4.000 inscrits en handisport, du 29 août au 9 septembre, après les Jeux olympiques. Pascal Pereira, 29 ans, est l'un des principaux espoirs: il est le numéro  mondial "sport adapté" du tennis de table. Il joue également à haut niveau dans un club traditionnel.

Souffrant d'une "maladie psychologique", comme il le dit lui-même, depuis  la fin de l'adolescence, sa passion pour le ping-pong a "été la solution", dit  son entraîneur Yves Drapeau. Après des "années difficiles" d'hospitalisation, Pascal a repris son sport  préféré, qui lui "fait oublier la maladie", affirme le jeune homme, venu aux  Rencontres EDF-Handisport à Paris pendant le week-end de la Pentecôte. Aller à Londres, "c'est une consécration, un rêve".

Des athlètes déterminés

Ce qui caractérise ces athlètes handicapés ? La détermination, répondent les entraîneurs, particulièrement admiratifs de leurs poulains. Selon Yves Drapeau coach de Pascal Pereira, "c'est un guerrier". "Elle est extraordinaire, elle m'épate, c'est quelqu'un de déterminé", déclare Bertrand Sébire, entraîneur de la nageuse Alicia Mandin (22 ans), championne du monde du 50 mètres brasse en 2007, entre autres titres.

Il faut aussi s'adapter: certains sportifs ont du mal à comprendre les  consignes ou à reproduire des gestes. "Il faut réexpliquer, accompagner", indique Marc Truffaut. Epileptique et dyslexique, Alicia dit "s'évader" quand elle nage."On  évacue toute la colère", ajoute la jeune sportive, qui devra encore batailler lors d'une compétition à Prague en juin pour assurer sa place à Londres.

Trois disciplines ouvertes

Alicia s'exprime aujourd'hui volontiers, un changement pour cette jeune  femme qui était une ado "hyper introvertie, manquant de confiance en elle",  témoigne Bertrand Sébire, qui l'entraîne depuis neuf ans."Elle a vu qu'elle pouvait être championne", explique-t-il.D'ailleurs, le but à Londres, "c'est de gagner, pas de participer", dit  Yves Drapeau.

Malgré le retour du sport adapté, Gilles Johannet, délégué général du  Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) regrette que les instances ne  lui aient accordé que 200 places. "Six concurrents seulement dans un sport, ce n'est pas sérieux", ajoute le responsable. Trois disciplines seront ouvertes aux déficients intellectuels: natation,  tennis de table et athlétisme, sur vingt sports représentés aux Paralympiques .

AFP