Délégation française paralympiques
La délégation française pour les Jeux Paralympiques de Londres | Ray Tang / Rex Features/REX/SIPA

Le handicap mental de retour, espoirs de podiums français

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Des athlètes handicapés mentaux vont de nouveau participer aux jeux Paralympiques, ouverts mercredi soir à Londres, une revanche après douze ans d'absence qui pourrait permettre à la France de remporter au moins une médaille en tennis de table.

S'il est déjà difficile pour les sportifs handicapés physiques de se faire  connaître, la tâche est encore plus ardue pour le "sport adapté", spécifique au  handicap mental et intellectuel. Il avait été chassé des Jeux en 2000 après une tricherie dans l'équipe  espagnole, dont certains joueurs ne souffraient pas de déficience  intellectuelle.

"Il a fallu neuf ans pour revenir"

Depuis, seuls les handicapés physiques (le "handisport") ont pu concourir,  avant que les instances internationales n'acceptent de revoir leur position. "Il a fallu neuf ans pour revenir", raconte Marc Truffaut, vice-Président  de la Fédération française de sport adapté (FFSA) et entraîneur de Daniel  Royer, qui tentera sa chance en saut en longueur.

Or "sans les Jeux, il n'y a rien, pas de reconnaissance du haut niveau" et  donc pas de moyens, poursuit-il. Cette "visibilité" est nécessaire, ajoute l'entraîneur: ces sportifs "font  comprendre que le handicap mental n'est pas un frein à la pratique sportive".

Deux cents athlètes déficients intellectuels -ils doivent avoir un  quotient intellectuel inférieur à 75 - vont ainsi rejoindre les quelque 4.000  inscrits en handisport, jusqu'au 9 septembre. Pascal Pereira, 29 ans, est l'un des principaux espoirs: il est le numéro  un mondial en tennis de table dans sa catégorie et joue aussi à haut niveau  dans un club traditionnel.

Souffrant d'une "maladie psychologique", comme il le dit lui-même, depuis  la fin de l'adolescence, sa passion pour le tennis de table a "été la  solution", explique son entraîneur Yves Drapeau.

Trois disciplines seulement

Après des "années difficiles" d'hospitalisation, Pascal a repris son sport  préféré, qui lui "fait oublier la maladie", dit le jeune homme pour qui aller à  Londres, "est une consécration, un rêve". Les entraîneurs sont particulièrement admiratifs de leurs poulains. "C'est un guerrier", dit Yves Drapeau de Pascal Pereira. "Elle est extraordinaire, elle m'épate, c'est quelqu'un de déterminé",  déclare Bertrand Sébire, entraîneur de la nageuse Alicia Mandin (23 ans),  championne du monde du 50 mètres brasse en 2007, entre autres titres.

Il faut aussi s'adapter: certains sportifs ont du mal à comprendre les  consignes ou à reproduire des gestes. "Il faut réexpliquer, accompagner", indique Marc Truffaut. Epileptique et dyslexique, Alicia dit "s'évader" quand elle nage. "On  évacue toute la colère", ajoute-t-elle.

Alicia s'exprime aujourd'hui volontiers, un changement pour cette jeune  femme qui était une ado "hyper introvertie, manquant de confiance en elle",  témoigne Bertrand Sébire, qui l'entraîne depuis neuf ans. "Elle a vu qu'elle pouvait être championne", explique-t-il.

Le but, "c'est de gagner, pas de participer"

D'ailleurs, le but à Londres, "c'est de gagner, pas de participer", dit  Yves Drapeau. Damien Rumeau, 24 ans, médaille d'argent aux Mondiaux-2012 au lancer du  poids, vient compléter le petit effectif français en sport adapté. La délégation française compte en tout 153 athlètes handicapés.

Malgré le retour du sport adapté, Gilles Johannet, délégué général du  Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) regrette que les instances ne  lui aient accordé que 200 places. "Six concurrents seulement dans un sport, ce  n'est pas sérieux", ajoute le responsable.

Trois disciplines seront ouvertes aux déficients intellectuels: natation,  tennis de table et athlétisme, sur vingt sports représentés aux Paralympiques.

AFP