Thomas Bach écoute le président du Comité olympique et paralympiques de Rio 2016 Carlos Arthur Nuzman
Le président du CIO Thomas Bach écoute le président du Comité olympique et paralympiques de Rio 2016 Carlos Arthur Nuzman | AFP

La grande inquiétude autour des Jeux Paralympiques de Rio 2016

Publié le , modifié le

Les JO 2016 sont terminés et si tout va bien, Rio va accueillir les Jeux Paralympiques, prévus du 7 au 18 septembre. Si tout va bien, car l’annulation pure et simple de l’événement a bien été évoquée en haut lieu ces derniers jours. La justice brésilienne a en effet bien failli couper l’herbe sous le pied des organisateurs, avant de finalement autoriser le déblocage de fonds publics au Comité d’organisation.

Derrière la beauté des exploits sportifs, la symbolique universelle et les valeurs véhiculées par l’esprit olympique et paralympique, il est aussi –et presque surtout- question de gros sous. Dans un contexte économique extrêmement tendu, avec un budget pour le comité d’organisation Rio-2016 passé de 4,2 à 7,4 milliards de réais (environ 2 milliards d’euros) en raison de l’inflation, la tenue des Jeux Paralympiques qui drainent bien moins de profits économiques, devient pour les autorités brésiliennes un véritable fardeau. La faible vente de billets et le manque de sponsors nuisent considérablement à l’équilibre financier des caisses du Comité d’organisation, entièrement financées par des fonds privés.

Une première en 56 ans de Jeux Paralympiq​ues

« Jamais auparavant, au cours des 56 années d'histoire des Jeux Paralympiques, nous n'avons été confrontés à de pareilles circonstances », a déploré le président du Comité international paralympique, Philip Craven, évoquant des « défis organisationnels et financiers considérables ». Et alors que les premiers athlètes devraient arriver dès la fin du mois, certaines délégations parmi les plus modestes n’ont pas encore reçu l’argent nécessaire pour payer leur voyage à Rio…

Heureusement, des voix, et non des moindres, se sont élevées pour dénoncer la situation. « Ce serait une honte pour le Brésil de ne pas faire ces Jeux », avait ainsi lancé la semaine dernière le maire de Rio, Eduardo Paes. Ce dernier a même proposé de débourser jusqu'à 150 millions de réais (42,4 M d'euros) s’il le fallait, et le gouvernement brésilien a annoncé le déblocage de 100 millions de réais (27,5 millions d’euros), sous réserve que la justice l’y autorise... Mais il est encore difficile d’y voir clair sur la véritable situation financière. « Jusqu'à présent, nous n'avons pas été en mesure de chiffrer exactement de combien d'argent nous allons avoir besoin", a précisé le porte-parole de Rio-2016, Mario Andrada.

Des épreuves déplacées

Si la décision de la justice brésilienne d’autoriser le déblocage de fonds publics va dans le bon sens, il est évident que des économies vont devoir être réalisées. Les rumeurs sur l’annulation de certaines épreuves ont finalement été démenties, mais il n’en demeure pas moins que certaines, comme celles d’escrime, ont dû être déplacées (de Deodoro au Parc Olympique). Même des efforts sur la nourriture des quelques 4350 athlètes de 178 nationalités différentes vont être faits...

Mais ce n’est malheureusement pas le plus inquiétant. En toute logique, le risque est de voir des enjeux aussi importants que la sécurité ou encore les contrôles anti-dopage pâtir de ces choix. Même les cérémonies d’ouverture et de clôture pourraient souffrir de ces économies drastiques. Le phénomène de désertion des bénévoles constaté sur les JO risque de s’amplifier, et même l’organisation des transports qui était déjà loin d’être parfaite pendant les la quinzaine olympique, devrait être revue à la baisse par rapport aux prévisions. Après des JO de Rio réussis dans l’ensemble, le Brésil n’a pas intérêt à voir son image ternie par des Jeux Paralympiques bâclés.


Pour ces Jeux Paralympiques, France Télévisions proposera plus de 100 heures de direct sur ses antennes et sur francetvsport.fr

Romain Bonte