A 24 ans, Marie Bochet est devenue l’athlète la plus médaillée aux Jeux Paralympiques d’hiver.
A 24 ans, Marie Bochet est devenue l’athlète française la plus médaillée aux Jeux Paralympiques d’hiver. | Paul Hanna

Jeux Paralympiques : bilan doré pour la France

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Si les Bleus olympiques ont échoué à battre leur record de médailles il y a tout juste un mois, l’équipe de France paralympique n'a pas manqué l'occasion de pulvériser son record de Sotchi (12) en repartant de PyeongChang avec 20 distinctions pour sept titres et une quatrième place au classement des médailles. Une performance collective d’exception, sublimée par trois athlètes tricolores qui auront marqué ces Jeux Paralympiques.

Marie Bochet, reine des pistes

"J’ai encore envie de tout bouffer", avait-elle confié à L’Equipe peu avant son départ en Corée du Sud. Malgré ses quatre médailles d’or à Sotchi, Marie Bochet était loin d’être rassasié au moment d’attaquer ces Jeux Paralympiques de PyeongChang. Et c’est peu dire que la porte-drapeau a croqué dans ces Jeux à pleines dents. Quatre titres olympiques (descente, super-G, slalom géant, slalom) et un nom écrit en lettres d’or dans les pages de l’histoire du sport français, devenant à 24 ans l’athlète française la plus médaillée aux Jeux Paralympiques d’hiver. "Pour le moment, je me demande encore comment j'ai fait. Ça a été une longue route pour en arriver là", glissait Marie Bochet à l’issue de son quatrième titre dimanche, visiblement pas encore redescendue de son nuage.

Née avec une agénésie de l’avant-bras gauche, Marie Bochet a découvert le ski à l’âge de cinq ans. Depuis, c’est un véritable raz-de-marée. 15 titres mondiaux, 5 gros globes, 67 victoires en Coupe du monde et désormais huit titres paralympiques, un palmarès à la démesure du talent de la reine des neiges. Des succès et une médiatisation qui font plus que jamais de Marie Bochet l’ambassadrice du handisport mondial. Ce dernier ne pouvait pas rêver meilleur porte-drapeau.

Arthur Bauchet, skieur d’argent

Difficile de se faire un prénom lorsque l’on s’appelle Bauchet dans le monde du ski paralympique. Quasi homonyme de la porte-drapeau, Arthur Bauchet a vécu à PyeongChang "un rêve éveillé" comme il l’a confié à nos confrères de franceinfo. Atteint de paraparesie spastique, une maladie génétique rare, le benjamin de la délégation française (17 ans) repart de Corée du Sud avec quatre médailles d’argent (super combiné, descente, super G et slalom). S’il a manqué de peu d’accrocher un titre à son palmarès, le jeune homme a pleinement savouré son quadruplé en argent. "Que pouvais-je rêver de mieux ?", avouait-il grand sourire à notre micro après sa deuxième place sur le slalom.

Sa jeunesse, sa bonne humeur et son plaisir non dissimulé de participer à ses premiers Jeux en ont rapidement fait l’un des visages marquants de ces Jeux Paralympiques côté français. Un visage que l’on espère revoir dans quatre à Pékin, pour transformer l'argent en or.

Benjamin Daviet, la victoire de l'effort

Si Marie Bochet et ses quatre titres paralympiques ont grandement contribué au nouveau record de médailles des Bleus, il ne faudra pas oublier Benjamin Daviet au moment de faire les comptes. Car c’est bien cinq médailles qui s’ajoutent au palmarès du natif d’Annecy, après les deux glanées à Sotchi il y a quatre ans. Spécialiste du ski de fond (une médaille d’or, une médaille d’argent) et du biathlon (deux médailles d’or, une en argent), Daviet vit avec la jambe gauche bloquée après avoir attrapé un staphylocoque doré pendant une opération à l’âge de 17 ans après un accident de mobylette.

Ces cinq médailles et ces deux titres paralympiques, c’est avant tout une victoire sur lui-même et pour lui. "C'est un rêve qui devient réalité. J'ai tout donné cette année, et c'est juste magnifique", a déclaré le sportif français, en essuyant quelques larmes à l'issue de sa victoire sur le 7,5 km en biathlon. "Ces larmes, c'est pour tout ce qu'on a dû endurer pour en arriver là. On a travaillé et on s'est entrainé tellement dur". Une juste récompense pour celui qui espère bien garnir un peu plus son palmarès dans quatre ans à Pékin.

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Mathieu Aellen