Pascal Pereira-Leal
Pascal Pereira-Leal, figure du sport adapté, médaillé de bronze aux Jeux Paralympiques de Londres. | AFP - BEN STANSALL

Handicapés mentaux aux Paralympiques : une parenthèse de huit ans

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A Rio, les athlètes handicapés mentaux pourront concourir, comme il y a quatre ans, dans trois disciplines. Avant cela, ils avaient été privés de Jeux Paralympiques pendant 8 ans, à cause de la tricherie de quelques-uns.

A 33 ans, Pascal Pereira-Leal est l’une des grandes chances de médaille française aux Jeux Paralympiques. Médaille de bronze à Londres, le pongiste, qui souffre de schizophrénie polymorphe, espère bien faire encore mieux à Rio. Pourtant, il y a encore 8 ans, Pascal Pereira-Leal n’aurait pas eu le droit de participer aux Jeux. 

Pendant deux olympiades, celles de 2004 et 2008, les handicapés mentaux n’ont pas eu le droit de participer aux Jeux Paralympiques. Une punition collective après une tricherie qui a fait scandale, aux Jeux de Sydney en 2000.

L’équipe espagnole de basket-ball pour déficients intellectuels, championne olympique, y avait défrayé la chronique. L’un de ses membres, un journaliste sous couverture, avait en effet révélé ne souffrir d’aucun handicap, et affirmé que c’était le cas de 10 des 12 joueurs de l’équipe. Parfaitement valides et en pleine possession de leurs moyens intellectuels, les sportifs avaient simplement fait semblant et déjoué les maigres tests effectués par le comité olympique. Pour être considéré comme handicapé mental par le comité paralympique, il fallait à l'époque simplement avoir un quotient intellectuel inférieur à 70.

Sanction générale

Cette affaire retentissante a mis un coup de projecteur sur les tricheries qui existent dans le monde du sport paralympique. Après cet épisode, c'est tout le sport adapté qui a été sanctionné. S’estimant incapable de déterminer le niveau de handicap intellectuel des sportifs, le comité olympique avait purement et simplement exclu les athlètes handicapés mentaux des Jeux d’Athènes et de Pékin. Une décision vécue comme une injustice et un coup dur pour le sport adapté, qui compte sur les Jeux Paralympiques pour attirer la lumière.

Treize ans après les faits, le président de la fédération espagnole des sports pour handicapés intellectuels, Fernando Martin Vicente, avait été condamné pour fraude et mensonge. Son homologue français, Marc Truffaut, avait salué la décision : " Ce jugement clôt une page sombre de l’histoire du Sport Adapté et scelle définitivement l’appartenance des sportifs déficients intellectuels à la famille paralympique."

Depuis les Jeux Paralympiques de Londres en 2012, les handicapés mentaux ont fait leur retour. Désormais les tests sont bien plus poussés. En plus du test de QI, les athlètes doivent aussi prouver que leur handicap les empêche d'accomplir certaines tâches de la vie courante, et les pénalise dans la pratique de leur sport. Seules trois disciplines leur sont pour l'instant ouvertes (athlétisme, natation et tennis de table) sur les 22 présentes à Rio. Pascal Pereira-Leal commencera lui sa quête de médaille dès ce soir.