Antidopage aux Jeux Paralympiques
Qu'en est-il de la lutte antidopage aux Jeux Paralympiques ? | GLYN KIRK - AFP

Et le dopage dans tout ça ?

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Moins médiatisée que chez les valides, la lutte antidopage existe réellement aux Jeux Paralympiques. Les mêmes règles sont appliquées même si les instances internationales reconnaissent qu'il y a moins de contrôles qu'aux Jeux Olympiques.

Que l'on soit un sportif valide ou handicapé, les règles antidopage sont les mêmes, mais les contrôles sont proportionnellement moins nombreux aux jeux Paralympiques qu'aux JO, même si les organisateurs assurent qu'ils restent dissuasifs. Si aucun sportif handisport n'a encore été contrôlé positif, au moins deux  ont été suspendus quelques jours avant le début des compétitions: un athlète américain et un nageur français, preuve que pas plus que le sport traditionnel, le handisport n'est épargné par le dopage. Au total, 207 tests ont été menés pendant les trois premiers jours de  compétition, sans aucun contrôle positif, selon le Comité international paralympique (CIP). Dix sportifs avaient été sanctionnés à Athènes (2004) et  trois à Pékin (2008). Chez les valides, une dizaine a été exclue des JO 2012. "Les contrôles se font de la même façon" que chez les valides, explique  Michel Rieu, de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et les produits interdits (diurétiques, anabolisants...) sont les mêmes. "Simplement, on a plus de cas d'autorisations d'usage à des fins thérapeutiques" (AUT), car les sportifs handicapés sont davantage susceptibles  de prendre des médicaments, ajoute Noël Chevaudonnat, responsable antidopage à la Fédération française handisport. Le CIP va réaliser 1.250 prélèvements, soit 25% de plus qu'à Pékin, où concourraient moins de 4.000 athlètes, contre plus de 4.200 cette année.

Les médaillés ne sont pas tous contrôlés

Mais contrairement à ce qui passe aux jeux Olympiques, tous les médaillés  ne sont pas contrôlés. "Il y a environ 500 podiums (contre 300 aux JO, NDLR). Il est donc  impossible de tester tous les sportifs qui ont gagné une médaille d'or, d'argent ou de bronze", a expliqué Jose Antonio Pascual, responsable de la  lutte antidopage du CIP, qui a sanctionné sept sportifs en 2011. Les instances contrôlent au moins un médaillé par podium et testent au hasard d'autres sportifs en compétition, a-t-il aussi expliqué, assurant que cela dissuadait fortement les violations des règles antidopage.  "Ils savent que s'ils gagnent une médaille, il y a de grandes chances qu'ils soient contrôlés, mais ce n'est pas garanti à 100%", a-t-il poursuivi. Debbie Jevans, l'un des responsables du comité d'organisation (Locog)  affirme que la décision de ne pas contrôler tous les médaillés n'est pas une question d'argent. Michel Rieu, de l'AFLD, confirme qu'en France, "le nombre de contrôles lui  même n'est pas très élevé (en handisport) parce qu'on a un nombre de contrôles limités au laboratoire de Châtenay-Malabry", près de Paris. "Se focaliser sur le sport handisport, ce n'est peut être pas notre priorité absolue", concède-t-il.

La question du "boosting"

Le faible nombre de tests empêche aussi de connaître précisément l'étendue du dopage dans le handisport, ajoute le spécialiste. Les instances doivent également affronter une technique spécifique, le  "boosting", qui consiste à s'infliger des blessures dans les membres paralysés pour augmenter la pression artérielle et donc ses performances. Même si très peu d'études scientifiques permettent de savoir si cette  méthode est efficace, le CIP a choisi de l'interdire. Selon une étude du comité de 2009, 17% des sportifs interrogés  reconnaissaient l'avoir déjà essayée tandis que certains spécialistes du  handisport estiment que jusqu'à 30% usent ou ont usé du "boosting". Il est en outre très difficile à détecter. Même si l'on constate une  pression artérielle élevée chez un sportif avant une compétition, rien de  prouve que cela est dû au "boosting".

AFP