Comment assurer l’égalité des chances?

Comment assurer l’égalité des chances?

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Les 1650 athlètes qualifiés pour les Jeux Paralympiques de Sotchi (du 7 au 16 mars prochain) ne s'affronteront pas avec le même handicap, ni le même degré d’invalidité. Pour compenser cette hétérogénéité et donner à tous les mêmes chances de décrocher l’or, des catégories au sein desquelles les athlètes sont classés selon leur niveau d’aptitude ont été définies. Petit éclairage sur une méthode de classification un peu moins compliquée qu’elle n’en a l’air.

Parmi les cinq disciplines présentes aux Jeux Paralympiques 2014, deux ne concernent qu’une seule catégorie de handicap, et ne nécessitent donc aucune classification particulière : le snowboard et les sports de glace. La première, qui deviendra pour la première fois à Sotchi une discipline paralympique, ne concerne en effet que les handicaps des membres inférieurs. Il en est de même pour la seconde, qui rassemble le hockey (sur luge) et le curling (en fauteuil). 

Ce n’est pas le cas du ski alpin, du ski de fond et du biathlon, qui englobent un public plus large - des athlètes paraplégiques aux non voyants - et qui nécessitent donc une organisation un peu particulière. 

De huit à trois catégories d’handicap

Jusqu’aux Jeux de Salt Lake City en 2002, il existait huit classes de handicap, et donc autant de podiums pour chaque discipline. Ce système complexe a été modifié avant Turin 2006, où les nations ont voté en faveur d’un regroupement général. L’objectif  de cette manœuvre : améliorer la lisibilité des résultats, mais aussi la concurrence au sein de chaque épreuve et l’attractivité de la compétition.

Désormais, il n’existe plus que trois grandes catégories :
1 - Les skieurs concourant debout (invalidité d’un ou deux membres supérieurs et/ou inférieurs)
2 - Les skieurs concourant assis (invalidité ou amputation des membres inférieurs, aucun/faible équilibre en position debout)
3 - Les skieurs déficients visuels (non-voyants ou malvoyants, concourant avec un guide).

Un coefficient pour compenser les différences

Ce regroupement soulevait toutefois un problème de taille puisque les athlètes sont désormais susceptibles d’afficher, au sein d’une seule et même catégorie, des degrés de handicaps différents. Pour compenser les disparités entre, par exemple, un skieur amputé d’un membre inférieur et un skieur souffrant d’un faible équilibre en position debout, un coefficient adapté à chaque athlète a été mis en place. Le résultat de chaque skieur est donc modifié selon son degré de handicap et le matériel qu’il a le droit d’utiliser (stabilisateurs, bâtons, guide, etc.)

Concrètement, dans le cas d’un slalom, le chrono du skieur sera multiplié par son coefficient : ce temps calculé servira alors de référence pour le classement final. On dénombre neuf types de coefficients pour les skieurs debout, trois pour ceux assis et trois pour les déficients visuels.

Conséquence directe de ce regroupement : malgré l’arrivée de nouvelles disciplines, le nombre de médailles d’or distribuées aux Jeux Paralympiques a nettement diminué – contrairement à la concurrence, qui a elle explosé. Après les 92 titres décernés en 2002, seuls 64 médailles d’or ont été distribuées il y a quatre ans à Vancouver. Il y en aura 72 à Sotchi.

Pas (encore) de sportifs déficients intellectuels

Si les sportifs français déficients intellectuels ont participé aux Jeux de Londres (en athlétisme, natation et tennis de table), ils ne seront pas de la partie à Sotchi. Cela ne devrait pourtant être plus qu’une question de temps : début 2014, un pôle France "ski alpin et nordique Sport Adapté" devrait ouvrir ses portes, motivé par les bons résultats de la Fédération Française du Sport Adapté (FFSA) aux derniers Championnats du monde, en mars 2013 (six médailles).

La mise en place d’un ticket d’entrée pour les déficients mentaux aux Paralympiques d’hiver provoquerait, selon toute vraisemblance, la création d’une nouvelle catégorie d’handicap. Et l’augmentation des chances de médailles tricolores, car la Fédération française de sports adaptés ne compte aujourd'hui pas moins de 50 000 licenciés. 

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer