Collet Parker France
Vincent Collet et Tony Parker devront trouver des solutions. | JANEK SKARZYNSKI / AFP

Vincent Collet: "Viser la deuxième place"

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A quelques jours de l'entame des Jeux Olympiques, le sélectionneur de l'équipe de France s'est confié sur les ambitions de son équipe. Il est revenu sur la préparation des coéquipiers de Boris Diaw, le niveau réel des Bleus et le même ses meilleurs souvenirs des JO, Michael Jordan et la Dream Team.

Que représentent les JO pour vous ? Quels souvenirs ou idoles vous évoquent-ils ?

"Mon premier souvenir marquant date des Jeux de 1972 à Munich lorsque Guy Drut prend la médaille d’argent. J’avais 9 ans et je m’en souviens parfaitement. Quatre ans plus tard, il est champion olympique à Montréal. Je me souviens aussi des quatre médailles d’or de Carl Lewis à Los Angeles. Les finales de basket aussi, bien sûr. Celle de 1972 avec l’interruption du match et la première défaite américaine contre la Russie sur un tir de Belov. C’était la surprise générale. En 1984, les Etats-Unis avec une magnifique équipe universitaire et Michael Jordan. Et 1992 avec la Dream Team. On a la chance d’être le sport collectif le plus important aux Jeux d’autant que les équipes de football ne viennent pas avec tous leurs meilleurs joueurs".

Quel sera l’objectif de l’équipe de France à Londres ? Serez-vous déçu s'il n'y a pas de médaille au bout ?

"Ce sera moins dense qu’à l’Euro où on a joué 11 matches en 18 jours. Maintenant, les joueurs ont eu une saison à rallonge et ils ont beaucoup donné, que ce soit ceux qui jouent en NBA, en Liga ou en Pro A. On va devoir faire de la régénération pour ne pas être en retard au premier rendez-vous. Ce sera un soulagement d'être dans les quatre qualifiés quoi qu'il arrive. Après, on a forcément l'ambition d'une médaille. Mais on ne sait pas qui on aura en quarts. Et le quart sera fondamental".

Quel est le programme pour l’équipe de France d’ici la fin juillet ?

"Régénérer autant que faire se peut. La fraîcheur physique et mentale sera primordiale. Tony Parker, Boris Diaw ou Ronny Turiaf ont terminé très tard et il faut toujours coupé un peu avant de reprendre. Les joueurs sont habitués à ça. Il faut gérer au cas par cas et préserver les joueurs susceptibles d'être titulaires. On a quand même huit matches à faire en deux semaines. En plus, le jeu Fiba, c'est de l'intensité permanente, comme les play-offs de NBA".

Vous allez attaquer fort d’entrée avec les Etats-Unis puis l’Argentine. Est-ce une bonne chose ? Et que pensez-vous de votre groupe ?

"Jouer les USA en premier, c'est un avantage pour rentrer dans la compétition immédiatement. Il n'y a pas trop de risque même si ce n'est jamais agréable de perdre. En 2011, à l'Euro, on a commencé par cinq succès d'affilée et ça avait facilité les choses. On va quand même retrouver la Russie ou la Lituanie qui sortiront d'un TQO. Le mieux serait de terminer deuxième (derrière les Etats-Unis, a priori intouchables) pour affronter en quarts de finale le troisième de l'autre groupe qui a l'air moins fort".

Pensez-vous coacher la plus belle équipe de France de tous les temps ?

"En 2009, on perd en quarts de finale contre l'Espagne, l'adversaire le plus dur. Alors qu'en 2000, les Français ont bénéficié d'une bonne pioche en affrontant le Canada en quarts puis l'Australie en demi-finale. On a cette année un potentiel très fort. Je pense effectivement coacher l'une des plus belles équipes de France de l'histoire, en tous cas je l'espère, même s'il y en a eu d'autres de très belle facture. On a beaucoup de qualités et on va essayer de les faire valoir. Il faudra se méfier des Argentins, des Russes, des Brésiliens. En 2011, on a effectué une bonne préparation avec une grande implication de la part de tous les joueurs. On essaye de reproduire ce type de comportements. Les USA sont clairement au dessus mais l'Espagne n'a pas de marge même si elle était très forte l'an passé. Ce n'est jamais évident de devoir justifier un statut".

Dernière question : la finale France-Etats-Unis est très accrochée, il reste 20 secondes à jouer et vous avez un point d'avance. Vous prenez un temps mort. Quelles consignes donnez-vous aux joueurs ?

"Il y a plusieurs cas de figure. Si on a un point d’avance, je peux vous dire que les Américains feront faute car ce sont des dominants. Ils préfèrent garder la dernière possession pour jouer la gagne plutôt que d’attendre la faute adverse. Ma première consigne sera donc de donner la balle à un de nos meilleurs joueurs aux lancers francs. Ensuite, si on a un point d’avance sur l’action suivante, je leur dirai de tout faire pour couper Kobe Bryant. En tous cas, j’aimerais vraiment me retrouver dans cette situation. J’en rêve".