Victor Sintes
Le fleuretiste Victor Sintes | AFP - TOSHIFUMI KITAMURA

Victor Sintes, une histoire de famille

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A 31 ans, Victor Sintes disputait ses premiers Jeux Olympiques. Sous les yeux de ses parents, extrêmement stressés, qui ont assisté à la défaite de leur fils dès les 16e de finale.

"J’ai fait venir plein de gens qui étaient dans les tribunes. J’aurais aimé leur montrer un meilleur spectacle." Parmi ces personnes, se trouvaient ses parents. Vaincu par le Chinois Sheng Lei, Victor Sintes n'avait plus le sourire qu'il affichait en tout début d'après-midi, après avoir battu le Japonais Kenita (15-11) non sans avoir mené (8-3). Heureux, il avouait qu'il ne fallait pas être cardiaque avec lui: "Soit je commence large et je me fais remonter, soit je prends l’eau dès le départ et je remonte. Au niveau du cœur, dans mes matches, il faut faire attention."

Et justement, ses parents, Samia et Pierre, étaient dans les tribunes. Plus d'une heure avant le passage de leur fils, ils arrivaient dans l'Excel Arena, par le train. Un petit moment de stress pour savoir s'ils ne se trompaient pas de ligne, mais ce stress n'avait rien à voir avec celui qu'ils subissent durant les assauts de leur progéniture. Sa maman, malgré vingt-cinq années passées à le suivre et à l'emmener partout, apprécie de moins en moins. Elle parle de ces moments presque douloureux, à espérer que l'objectif du rejeton se traduise concètement. A vivre frontalement ses déceptions, ses blessures, ces sacrifices consentis. Malgré tout, ils sont là.

"Ne pas lui porter la scoumoune"

Et pour faire écho au discours de son fils, Pierre met sa main sur son coeur en parlant des moments où Victor atteint les demi-finales ou la finale. Le coeur bat plus fort, et chacun tente d'apporter sa pierre à l'édifice pour lui permettre d'aller plus loin. "J'ai oublié la caméra, comme à Catane", confie son papa. A Catane, l'an dernier, Victor Sintes avait conquis l'argent aux Championnats du monde. "Je n'ai pris les places qu'au dernier moment", confie sa maman. Comme à Catane. Par superstition, elle ne voulait pas prendre les billets trop en avance, pour ne pas lui "porter la scoumoune".

Finalement, Victor Sintes n'a pas fait mieux que tous les autres escrimeurs tricolores à Londres. "On enchaîne les jours et toujours pas de médaille", se lamente-t-il. "Il n’y a même pas encore de quarts de finale. Je n’ai pas trouvé la clé. Il a bien utilisé sa taille, s’est mis loin avec sa main très haute, et je n’arrivais pas à prendre le fer. Je m’attendais franchement à beaucoup mieux. La dernière fois que je l’avais tiré, c’était à Paris et je l’avais battu." Eliminé, Victor Sintes, comme les autres fleuretistes, a encore l'espoir avec la compétition par équipes. Ce sera le 5 août, et ses parents seront encore là.