Vaultier en or en snowboardcross

Vaultier en or en snowboardcross

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Pierre Vaultier a atteint la consécration qu'il recherchait en devenant champion olympique de snowboardcross à Sotchi. A 26 ans, le snowboardeur des Ecrins a dominé la finale pour devancer le Russe Nikolay Olyunin et l'Américain Alex Deibold. Paul-Henri De Le Rue, un mois après son coma suite à une chute, rate le podium de peu en prenant la 4e place. Avec cette 3e médaille d'or, l'équipe de France fait mieux qu'à Vancouver.

C'est une revanche sur le sort, une revanche sur l'histoire. Pierre Vaultier est l'un des meilleurs du snowboardcross depuis des années. Vainqueur du Globe de Cristal de la spécialité en 2008, 2010 et 2012, 2e en 2011, il n'avait jamais remporté la moindre médaille d'or aux Mondiaux ou aux Jeux Olympiques. C'est désormais chose faite. A Sotchi, il a effacé toutes ces années de frustration sans couronnement suprême.

A Vancouver en 2010, grand favori pour la médaille, il avait fini à la 9e place, ratant ses Jeux, et voyant Tony Ramoin s'emparer du bronze. Avant Sotchi, il a bien cru que la malédiction olympique restait accrochée à lui. Victime d'une déchirure du ligament croisé antérieur du genou droit en décembre, il a réalisé un contre-la-montre pour jouer sa carte en Russie. Incertain quinze jours avant l'ouverture des JO, il a pu s'aligner. Sans ligament, mais avec une sacrée attelle.

Le report de la compétition, hier, en raison du brouillard, ne l'a pas perturbé. Amputée des qualifications, la course olympique le condamnait, comme les autres concurrents, à ne pas avoir de tour de chauffe. Contrairement à l'Autrichien Schairer, 2e de l'actuelle Coupe du monde, à l'Américain Holland, septuple vainqueur des X-Games, et l'Américain Baumgartner, tous éliminés en 8e, ou l'Australien Pullin, double champion du monde, sorti en quarts, Vaultier n'a pas eu de faiblesse. 

En 8e, en quarts, en demies, Pierre Vaultier a maîtrisé ses courses. Premier à chaque fois, il s'est épargné des frayeurs. Et la finale a été un aboutissement. Bien parti, il a pris les commandes de la course rapidement, gérant la pression mise par le Russe Nikolay Olyunin tout au long des virages, des sauts. A l'arrivée, il laissait éclater sa joie. Au sommet de l'Olympe, il atteint son Graal.

Autre miraculé, Paul-Henri De Le Rue, dans le coma voici un mois et demi, a pris la 4e place. Il aurait pu conquérir le bronze, s'il n'avait pas commis une faute dans les derniers hectomètres, laissant passer l'Américain Alex Deibold, qu'il ne parvenait pas à rattraper. Mais pour lui aussi, cette finale, et la victoire de son copain, tout cela était suffisant à un grand bonheur.

A bientôt 30 ans, le natif de Lannemezan goûte avec bonheur une 4e place qui rend souvent ces détenteurs amers. Médaillé de bronze à Turin, c'est un peu lui qui a ouvert la voie de l'or à Pierre Vaultier, en étant le premier Français médaillé dans cette discipline qui faisait sa première apparition au programme olympique en 2006. Tony Ramoin, le troisième Français engagé, a été sorti en quarts de finale.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze