Sotchi : la Russie ambitionne une pluie de médailles
La Russie visera une pluie de médailles dans un an, à Sotchi. | AFP - JONATAN FERNSTROM

A un an des Jeux de Sotchi, la Russie affiche de folles ambitions sportives

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A un an de l'ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, la Russie, pays hôte, affiche des ambitions élevées, voire utopiques, puisqu’elle vise la première place au classement du tableau des médailles. Elle déploie, pour se faire, des moyens colossaux.

En 2010, lors des derniers JO d’hiver à Vancouver, la Russie avait terminé à une humiliante 11e place au classement du tableau des médailles, avec seulement trois médailles d'or, son  pire résultat, tous jeux Olympiques confondus. Le Canada, pays  hôte, était quant à lui monté sur la première marche du podium avec 14 médailles d'or, record  historique. De quoi donner des idées aux Russes, prochains organisateurs. "Il faut corriger la situation et créer toutes les conditions nécessaires  pour une préparation et une participation convenable aux jeux Olympiques de Sotchi ", avait alors déclaré Vladimir Poutine.

Recrutements et naturalisations

Depuis Vancouver, la Russie a consacré des moyens financiers colossaux aux sports d'hiver et à leur développement. A l’image de ce qu’a pu faire le Royaume-Uni pour les JO de 2012 ou de ce que fait le Qatar en vue du mondial de football 2022, la Russie a recruté des entraîneurs étrangers et naturalisé certains sportifs pour dominer le monde lors des premiers Jeux d'hiver organisés sur son sol. Elle l’a essentiellement fait dans les disciplines où le délai était trop court pour former des "médaillables"  potentiels. Ainsi, Ahn Hyun-soo, triple champion olympique de short-track sud-coréen, a obtenu la citoyenneté russe en 2011 et  s'appelle maintenant Viktor Ahn. Dans une autre discipline quasi inconnue en Russie, l'un des meilleurs snowboarders américains, Vic Wild, a demandé et obtenu la citoyenneté russe après avoir épousé la snowboardeuse russe Alena Zavarzina. D'autres athlètes d'anciennes républiques soviétiques telles l'Ukraine et le Bélarus ont aussi obtenu la citoyenneté russe pour renforcer l'équipe nationale.

Un objectif difficile à atteindre

Malgré l’optimisme affiché par Alexandre Joukov, président du comité olympique russe qui "pense" que son équipe "peut finir à la première place", l’objectif que se fixent les Russes semble difficile à atteindre. S’ils restent très compétitifs dans certaines disciplines, comme le biathlon, le patinage artistique ou le ski de fond, ils ont des lacunes importantes dans les autres sports et restent sur de grosses déceptions, au premier rang desquelles figure leur humiliante défaite en hockey sur glace à Vancouver, en quart de finale face aux canadiens.

"De la poudre aux yeux"

Pour Sergueï Boutov, du quotidien Sport-Express, l’objectif fixé n’est que "de la poudre aux yeux". Selon lui, "de tels miracles n'existent pas en sport. Il est impossible de faire un bond de la 11e à la première place en l'espace de quatre ans". Le ministre russe des Sports, Vitali Moutko, a récemment estimé que les athlètes russes devront remporter au moins 18 médailles d'or pour finir  premiers à Sotchi, où 98 titres seront en jeu (soit 12 de plus qu'à Vancouver). Des perspectives qui relèvent de la "science-fiction", pour M. Boutov, qui se contenterait de finir "parmi les trois  premiers" pour viser plus haut en 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud), où auront lieu les JO d’hiver de 2018.