Tokyo 2020 : Seules les deux Guerres mondiales avaient eu raison des Jeux Olympiques avant le coronavirus

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Les Jeux Olympiques de Tokyo impactés par le coronavirus
Les Jeux olympiques de Tokyo | AFP - CHARLY TRIBALLEAU

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En décidant de reporter les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, le Comité international olympique (CIO) a pris une décision historique, mais semble-t-il inévitable. Jusque-là, seules les deux Guerres mondiales avaient provoqué l'annulation de Jeux Olympiques dans l'histoire. Le Covid-19 est donc la troisième "guerre" à mettre à mal le rendez-vous olympique.

La guerre. Dans son discours du 16 mars dernier, le président de la République Emmanuel Macron avait parlé d'une guerre pour définir le combat qui attendait chaque Français face à la pandémie de Covid-19. La réalité des hôpitaux français depuis plusieurs jours, où chaque soignant livre une bataille pour garder ses patients les plus gravement atteints en vie, est le reflet le plus flagrant et le plus terrible de cette guerre. 

Même la Guerre froide n'avait pas eu raison des JO

Sur le plan sportif, bien plus anecdotique bien évidemment et moins important, la décision du Comité international olympique (CIO) de ne pas rester "droit dans ses bottes" est un autre signe. Ces Jeux d'été de Tokyo devaient s'ouvrir le 24 juillet prochain. Cela ne sera pas le cas. C'est un symbole fort. Car dans l'histoire des Jeux modernes (Athènes 1896), jamais la grand messe du sport, le rendez-vous incontournable des athlètes connus ou méconnus, n'avait été empêché, voire retardé, par autre chose qu'une guerre. Même la célèbre Guerre froide n'avait pas eu raison de l'olympisme, même si au plus haut de la crise, les Jeux de Moscou (1980) et ceux de Los Angeles (1984) avaient été le théâtre d'un boycott de la part de chaque camp.

Berlin 2016, Tokyo et Saporo 1940, Londres et Cortina 1944

Seuls les deux conflits mondiaux avaient stoppé la machine. La Première guerre mondiale avait provoqué l'annulation de l'échéance en 2016 prévue qui plus est à Berlin. La Deuxième guerre mondiale avait, elle, condamné les Jeux de Tokyo (1940) et Londres (1944) pour l'été, ceux de Saporo (1940) et de Cortina d'Ampezzo (1944) pour l'hiver. Tous les autres conflits n'avaient jamais empêché les colombes de la paix de s'envoler lors des cérémonies d'ouverture.

Pourtant, l'humanité a traversé d'autres épidémies, comme celle du Sras en 2003 (entre les Jeux d'hiver de Salt Lake et ceux d'été à Athènes), ou celle de Zika eu Brésil en 2016 lors des Jeux d'été de Rio. Mais jamais le CIO n'avait dû prendre une telle décision. Même la grippe espagnole, qui aurait fait selon l'Institut Pasteur entre 20 et 50 millions de morts entre 1918 et 1920 sur toute la planète, n'avait pas empêché les Jeux d'ét d'avoir lieu à Anvers en 1920.

Moins d'une semaine après s'être réuni pour constater qu'il était urgent d'attendre, et face à une fronde qui montait chaque jour davantage dans les différents pays comme les différentes fédérations sportives, l'instance dirigée par Thomas Bach a donc décidé de repousser les Jeux de Tokyo 2020. C'était devenu inévitable, inéluctable, face aux bilans toujours plus sinistres de morts sur toute la planète. Un signe supplémentaire d'une guerre qui en porte de plus en plus tous les stigmates.